Inventaire des Du3āʾ Coraniques

Versets formulés comme demandes, regroupés par thème
15 sections · 46 entrées transposables · 14 entrées propres aux nabī ou non transposables
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Le duʿāʾ dans la ṣalāt

ou L'Espace Libre dans la Ṣalāt Ce que le Coran ne ferme pas — Prescription, empêchement et espace ouvert · الفَضَاءُ الحُرُّ فِي الصَّلَاةِ Méthode dit / non-dit Lexicographie arabe classique Lecture intra-coranique exclusive


Objet de ce document
جَرْدُ الأَدْعِيَةِ القُرْآنِيَّةِ

Ce document recense l'ensemble des versets coraniques formulés à la première personne — singulier ou pluriel — comme demandes directes adressées à Allaah.
Ils sont regroupés par registre thématique.
Ces versets constituent du texte coranique à part entière ;
leur récitation dans la ṣalāt relève de la prescription de
73:20 (mā tayassara mina l-Qurʾān).

Ce document est un outil de référence, non un prescrit.
Index des 15 sections
Guidance et droiture
الهِدَايَةُ وَالاِسْتِقَامَةُ · 6 entrées
Pardon et retour
الْمَغْفِرَةُ وَالتَّوْبَةُ · 14 entrées
Miséricorde
الرَّحْمَةُ · 2 entrées
Bien ici-bas et dans l'au-delà
الدُّنْيَا وَالآخِرَةُ · 3 entrées
Connaissance
الْعِلْمُ · 1 entrée
Famille, descendants, parents
الذُّرِّيَّةُ وَالْوَالِدَانِ · 6 entrées
Patience, fermeté, victoire
الصَّبْرُ وَالثَّبَاتُ وَالنَّصْرُ · 2 entrées
Ouverture de la poitrine
شَرْحُ الصَّدْرِ · 3 entrées
Protection
الاِسْتِعَاذَةُ · 3 entrées
Gratitude et actes justes
الشُّكْرُ وَالْعَمَلُ الصَّالِحُ · 2 entrées
Lumière
النُّورُ · 1 entrée

Sections à statut particulier
Formules à référent concret requis
صِيَغٌ تَسْتَلْزِمُ مَرْجِعًا وَاقِعِيًّا · 6 entrées
Demandes propres aux nabī — contextes non transposables
طَلَبَاتٌ خَاصَّةٌ بِالأَنْبِيَاءِ · 14 entrées
Demandes d'Iblīs et doléances des perdants
مَطَالِبُ إِبْلِيسَ وَشَكَاوَى الْخَاسِرِينَ · section à part
Sécurité des lieux et des communautés
أَمَانُ الْبَلَدِ وَالْجَمَاعَةِ · 2 entrées
Délivrance
النَّجَاةُ · 2 entrées
Thème 1
Guidance et droiture
الهِدَايَةُ وَالاِسْتِقَامَةُ
6 entrées
Demandes portant sur la direction juste, le maintien sur la voie,
la préservation des cœurs après la guidance reçue, et l'inscription au nombre des témoins.
Sourate 1:5–7 · Al-Ṭalab (Al-Fātiḥa)
اهْدِنَا الصِّرَاطَ الْمُسْتَقِيمَ ۝ صِرَاطَ الَّذِينَ أَنْعَمْتَ عَلَيْهِمْ غَيْرَ الْمَغْضُوبِ عَلَيْهِمْ وَلَا الضَّالِّينَ
Ihdinā ṣ-ṣirāṭa l-mustaqīm
Guide-nous sur la voie droite,
ṣirāṭa lladhīna an3amta 3alayhim
la voie de ceux que Tu as comblés de bienfait,
ghayri l-maghdūbi 3alayhim wa-lā ḍ-ḍāllīn
non de ceux qui ont attiré le courroux, ni de ceux qui sont égarés.

Sourate 3:8 · Āl 3Imrān
رَبَّنَا لَا تُزِغْ قُلُوبَنَا بَعْدَ إِذْ هَدَيْتَنَا وَهَبْ لَنَا مِن لَّدُنكَ رَحْمَةً ۚ إِنَّكَ أَنتَ الْوَهَّابُ
Rabbanā lā tuzigh qulūbanā ba3da idh hadaytanā
Seigneur, ne fais pas dévier nos cœurs après que Tu nous as guidés,
wa-hab lanā min ladunka raḥmatan
et accorde-nous de Ta part une miséricorde
innaka anta l-wahhāb
Tu es en effet l'Infini Donateur.

Sourate 3:53 · Āl 3Imrān — Les Ḥawāriyyūn
رَبَّنَا آمَنَّا بِمَا أَنزَلْتَ وَاتَّبَعْنَا الرَّسُولَ فَاكْتُبْنَا مَعَ الشَّاهِدِينَ
Rabbanā āmannā bi-mā anzalta
Seigneur, nous avons cru en ce que Tu as fait descendre,
wa-ttaba3nā r-rasūl
et nous avons suivi le messager
fa-ktubnā ma3a sh-shāhidīn*
inscris-nous parmi ceux qui attestent*.

*Note lexicale · ash-shāhidīn — racine ش-ه-د
Al-Farāhīdī (Kitāb al-3Ayn) : al-shuhūdu wa-l-shahāda = al-ḥuḍūru wa-l-3iyān — la présence et la vision directe.
Ibn Fāris (Maqāyīs al-Lugha) : al-ḥudūr wa-l-3ilm wa-l-i3lām — présence, connaissance directe, déclaration.
Ibn Manẓūr (Lisān al-3Arab) : ash-shāhidu = al-ḥāḍir — celui qui est présent ; al-shahāda = al-ikhbāru bi-mā shāhadahu — la déclaration de ce à quoi l'on a été présent et que l'on a vu.
Trois axes séquentiels et indissociables : présence → vision directe → déclaration.
Le shāhid est d'abord quelqu'un qui était là et qui a vu — et qui déclare ensuite ce qu'il a vu.
La traduction « témoins » est adéquate dans les contextes légaux du Coran (S.2:282, S.24:4) — elle fixe l'attention sur l'axe 3 dans un registre procédural. Elle est insuffisante ici : en S.3:53 et S.5:83, les shāhidīn appartiennent au registre communautaire et eschatologique — ceux dont la présence vécue et la déclaration ont valeur d'attestation sur les peuples (cf. S.2:143 : li-takūnū shuhadāʾa 3alā n-nās). Aucun terme français ne couvre les trois axes simultanément sans réduction : « ceux qui attestent » est retenu.

Sourate 5:83 · Al-Māʾida — Ceux qui reconnaissent la vérité en entendant le Coran
رَبَّنَا آمَنَّا فَاكْتُبْنَا مَعَ الشَّاهِدِينَ
Rabbanā āmannā fa-ktubnā ma3a sh-shāhidīn
Seigneur, nous avons cru — inscris-nous parmi ceux qui attestent.

Note textuelle :
3:53 et 5:83 partagent la même demande finale mais leurs locuteurs sont distincts et leur contexte narratif différent. En 3:53 ce sont les Ḥawāriyyūn de 3Īsā ; en 5:83 ce sont des personnes qui entendent le Coran récité. Le texte les distingue par leur contexte, non par une désignation propre.

Sourate 12:101 · Yūsuf — du3ā' de Yūsuf
تَوَفَّنِي مُسْلِمًا وَأَلْحِقْنِي بِالصَّالِحِينَ
Tawaffanī musliman
Prends-moi en soumis,
wa-alḥiqnī bi-ṣ-ṣāliḥīn
et fais-moi rejoindre les hommes de bien.

Note lexicale :
Tawaffanī — racine w-f-y : accomplir, prélever en intégralité. Ibn Manẓūr (Lisān al-3Arab) : al-tawaffī = akhdh al-shayʾ wāfiyan — prendre quelque chose dans sa plénitude. La formule ne dit pas "fais-moi mourir maintenant" : elle dit "quand Tu me prendras, prends-moi dans cet état". L'état demandé est celui du muslim — du soumis — non un moment précis.

Sourate 60:4–5 · Al-Mumtaḥana — Ibrāhīm et les croyants avec lui
Le texte présente explicitement ce du'ā' comme uswatun ḥasana — un bel exemple à suivre (60:4 et 60:6).
رَبَّنَا عَلَيْكَ تَوَكَّلْنَا وَإِلَيْكَ أَنَبْنَا وَإِلَيْكَ الْمَصِيرُ ۝ رَبَّنَا لَا تَجْعَلْنَا فِتْنَةً لِلَّذِينَ كَفَرُوا وَاغْفِرْ لَنَا رَبَّنَا إِنَّكَ أَنتَ الْعَزِيزُ الْحَكِيمُ
Rabbanā 3alayka tawakkalnā wa-ilayka anabnā wa-ilayka l-maṣīr
Seigneur, en Toi nous nous en remettons, vers Toi nous revenons — et vers Toi est le terme.
Rabbanā lā taj3alnā fitnatan lilladhīna kafarū
Seigneur, ne fais pas de nous une fitna pour ceux qui refusent,
wa-ghfir lanā Rabbanā innaka anta l-3azīzu l-ḥakīm
et pardonne-nous — Seigneur, Tu es en effet l'Irrésistible, le Sage.

Dit / non-dit :
"Lā taj3alnā fitnatan" — ne fais pas de nous une fitna — signifie : ne permets pas que notre situation soit pour eux une occasion d'égarement ou de moquerie qui les éloigne. Le texte qualifie lui-même cette formule de modèle à suivre — c'est l'une des rares fois où il le fait explicitement.
Thème 2
Pardon et retour
الْمَغْفِرَةُ وَالتَّوْبَةُ
14 entrées
Demandes de pardon pour les fautes propres, les excès, les erreurs involontaires,
et intercession pour les parents et les croyants.
2:285
Ghufranaka rabbanā
2:286
Rabbanā lā tuʾākhidhnā
3:16
Rabbanā innanā āmannā
3:147
Rabbanā ghfir lanā
7:23
Rabbanā ẓalamnā anfusanā
14:41
Rabbanā ghfir lī wa-li-wālidayya
21:87
Lā ilāha illā anta subḥānaka
23:118
Rabbi ghfir wa-rḥam
7:151
Rabbi ghfir lī wa-li-akhī
7:155–156
Anta waliyyunā fa-ghfir lanā
11:47
Rabbi innī a3ūdhu bika
28:16
Rabbi innī ẓalamtu nafsī
59:10
Rabbanā ghfir lanā wa-li-ikhwāninā
71:28
Rabbi ghfir lī wa-li-wālidayya
Sourate 2:285 · Al-Ijāba
غُفْرَانَكَ رَبَّنَا وَإِلَيْكَ الْمَصِيرُ
Ghufranaka rabbanā wa-ilayka l-maṣīr
Ton pardon, Seigneur — et vers Toi est le retour.

Sourate 2:286 · Al-Ijāba
رَبَّنَا لَا تُؤَاخِذْنَا إِن نَّسِينَا أَوْ أَخْطَأْنَا ۚ رَبَّنَا وَلَا تَحْمِلْ عَلَيْنَا إِصْرًا كَمَا حَمَلْتَهُ عَلَى الَّذِينَ مِن قَبْلِنَا ۚ رَبَّنَا وَلَا تُحَمِّلْنَا مَا لَا طَاقَةَ لَنَا بِهِ ۖ وَاعْفُ عَنَّا وَاغْفِرْ لَنَا وَارْحَمْنَا ۚ أَنتَ مَوْلَانَا فَانصُرْنَا عَلَى الْقَوْمِ الْكَافِرِينَ
Rabbanā lā tuʾākhidhnā in nasīnā aw akhṭaʾnā
Seigneur, ne nous tiens pas rigueur si nous oublions ou si nous faisons erreur.
Rabbanā wa-lā taḥmil 3alaynā iṣran kamā ḥamaltahu 3alā lladhīna min qablinā
Seigneur, ne fais pas peser sur nous une charge comme celle qui pesait sur ceux d'avant nous.
Rabbanā wa-lā tuḥammilnā mā lā ṭāqata lanā bih
Seigneur, ne nous impose pas ce que nous ne pouvons pas porter.
wa-3fu 3annā wa-ghfir lanā wa-rḥamnā
Pardonne-nous, efface nos fautes, prends-nous en miséricorde.
anta mawlānā fa-nṣurnā 3alā l-qawmi l-kāfirīn
Tu es notre Maître: Donne-nous la victoire sur le peuple des kāfirūn.

Sourate 7:151 · Al-Aʿrāf — Mūsā après l'incident du veau
رَبِّ اغْفِرْ لِي وَلِأَخِي وَأَدْخِلْنَا فِي رَحْمَتِكَ وَأَنتَ أَرْحَمُ الرَّاحِمِينَ
Rabbi ghfir lī wa-li-akhī
Seigneur, pardonne-moi et pardonne à mon frère,
wa-adkhilnā fī raḥmatika
et fais-nous entrer dans Ta miséricorde
wa-anta arḥamu r-rāḥimīn
Tu es le plus miséricordieux des miséricordieux.

Sourate 7:155–156 · Al-Aʿrāf — Mūsā pour son peuple
أَنتَ وَلِيُّنَا فَاغْفِرْ لَنَا وَارْحَمْنَا وَأَنتَ خَيْرُ الْغَافِرِينَ ۝ وَاكْتُبْ لَنَا فِي هَٰذِهِ الدُّنْيَا حَسَنَةً وَفِي الْآخِرَةِ إِنَّا هُدْنَا إِلَيْكَ
Anta waliyyunā fa-ghfir lanā wa-rḥamnā wa-anta khayru l-ghāfirīn
Tu es notre Maître, pardonne-nous et prends-nous en miséricorde :
Tu es le meilleur de ceux qui pardonnent.
wa-ktub lanā fī hādhihi d-dunyā ḥasanatan wa-fī l-ākhira
Et prescris-nous le bien dans ce monde et dans l'au-delà
innā hudnā ilayka
nous sommes revenus vers Toi.

Note textuelle : Cette formule de Mūsā parallèle 2:201 avec une dimension supplémentaire : la demande de pardon et l'affirmation de retour. Hudnā racine h-w-d : revenir, se tourner à nouveau. Les deux formules coexistent dans le Coran comme formulations distinctes de la même orientation.

Sourate 11:47 · Hūd — Nūḥ après la mort de son fils
رَبِّ إِنِّي أَعُوذُ بِكَ أَنْ أَسْأَلَكَ مَا لَيْسَ لِي بِهِ عِلْمٌ وَإِلَّا تَغْفِرْ لِي وَتَرْحَمْنِي أَكُن مِّنَ الْخَاسِرِينَ
Rabbi innī a3ūdhu bika an asʾalaka mā laysa lī bihi 3ilm
Seigneur, je me place sous Ta protection contre le fait de Te demander ce dont je n'ai pas la connaissance
wa-illā taghfir lī wa-tarḥamnī akun mina l-khāsirīn
et si Tu ne me pardonnes pas et ne me prends pas en miséricorde, je serai du nombre des perdants.
Note textuelle : Ce du'ā' fait suite à 11:45–46 : Nūḥ avait demandé que son fils soit sauvé ; Allaah lui répond que son fils n'est pas de sa famille au sens de la promesse. Nūḥ reconnaît immédiatement et formule cette protection contre toute demande sans connaissance. C'est une formule de correction de soi, non de lamentation.

Sourate 28:16 · Al-Qaṣaṣ — Mūsā
رَبِّ إِنِّي ظَلَمْتُ نَفْسِي فَاغْفِرْ لِي
Rabbi innī ẓalamtu nafsī fa-ghfir lī
Seigneur, j'ai fait tort à moi-même — pardonne-moi.
Note textuelle : Le texte rapporte la réponse aussitôt (28:16b) : "fa-ghafara lahu" — Il lui pardonna. L'enchaînement est immédiat. Reconnaissance, demande, réponse : trois temps sans développement.

Sourate 59:10 · Al-Ḥashr — La génération venue après les Muhājirūn
رَبَّنَا اغْفِرْ لَنَا وَلِإِخْوَانِنَا الَّذِينَ سَبَقُونَا بِالْإِيمَانِ وَلَا تَجْعَلْ فِي قُلُوبِنَا غِلًّا لِّلَّذِينَ آمَنُوا رَبَّنَا إِنَّكَ رَءُوفٌ رَّحِيمٌ
Rabbanā ghfir lanā wa-li-ikhwāninā lladhīna sabaqūnā bi-l-īmān
Seigneur, pardonne-nous et pardonne à nos frères qui nous ont précédés dans la foi,
wa-lā taj3al fī qulūbinā ghillan lilladhīna āmanū
et ne mets pas dans nos poitrines de rancœur envers ceux qui ont cru
Rabbanā innaka raʾūfun raḥīm
Seigneur, Tu es en effet plein de bienveillance et de miséricorde.
Note textuelle : Seule formule du Coran qui demande explicitement l'absence de ghillan — rancœur, ressentiment — envers les croyants. Elle ajoute à la demande de pardon une dimension relationnelle absente des autres formules de ce thème.
Sourate 3:16 · Āl 3Imrān
رَبَّنَا إِنَّنَا آمَنَّا فَاغْفِرْ لَنَا ذُنُوبَنَا وَقِنَا عَذَابَ النَّارِ
Rabbanā innanā āmannā fa-ghfir lanā dhunūbanā wa-qinā 3adhāba n-nār
Seigneur, nous croyons, pardonne-nous nos fautes et préserve-nous du tourment du feu.

Sourate 3:147 · Āl 3Imrān
رَبَّنَا اغْفِرْ لَنَا ذُنُوبَنَا وَإِسْرَافَنَا فِي أَمْرِنَا وَثَبِّتْ أَقْدَامَنَا وَانصُرْنَا عَلَى الْقَوْمِ الْكَافِرِينَ
Rabbanā ghfir lanā dhunūbanā wa-isrāfanā fī amrinā
Seigneur, pardonne-nous nos péchés et nos excès dans notre conduite,
wa-thabbit aqdāmanā wa-nṣurnā 3alā l-qawmi l-kāfirīn
affermis nos pas et donne-nous la victoire sur le peuple des kāfirūn.

Sourate 7:23 · Al-Aʿrāf — du3āʾ dE 'Ādam et son épouse
رَبَّنَا ظَلَمْنَا أَنفُسَنَا وَإِن لَّمْ تَغْفِرْ لَنَا وَتَرْحَمْنَا لَنَكُونَنَّ مِنَ الْخَاسِرِينَ
Rabbanā ẓalamnā anfusanā wa-in lam taghfir lanā wa-tarḥamnā
Seigneur, nous avons fait tort à nous-mêmes, et si Tu ne nous pardonnes pas et ne nous prends pas en miséricorde,
la-nakūnanna mina l-khāsirīn
nous serons assurément du nombre des perdants.
Sourate 14:41 · Ibrāhīm — du3āʾ dE 'Ibrāhīm
رَبَّنَا اغْفِرْ لِي وَلِوَالِدَيَّ وَلِلْمُؤْمِنِينَ يَوْمَ يَقُومُ الْحِسَابُ
Rabbanā ghfir lī wa-li-wālidayya wa-li-l-muʾminīna yawma yaqūmu l-ḥisāb
Seigneur, pardonne-moi, pardonne à mes parents et aux croyants le jour où le compte sera établi.

Sourate 21:87 · Al-Anbiyāʾ — du3āʾ de Yūnus
لَّا إِلَٰهَ إِلَّا أَنتَ سُبْحَانَكَ إِنِّي كُنتُ مِنَ الظَّالِمِينَ
Lā ilāha illā anta subḥānaka innī kuntu mina ẓ-ẓālimīn
Nul ilāh* — hormis Toi.— gloire à Toi — j'étais certes du nombre des injustes.
*Ilāh désigne donc ce qui concentre la totalité de la dévotion, du recours et de l'orientation de la créature — ce vers quoi elle se tourne dans son état de complète dépendance.

Sourate 23:118 · Al-Muʾminūn
رَّبِّ اغْفِرْ وَارْحَمْ وَأَنتَ خَيْرُ الرَّاحِمِينَ
Rabbi ghfir wa-rḥam wa-anta khayru r-rāḥimīn
Seigneur, pardonne et prends en miséricorde: Tu es le meilleur des miséricordieux.

Sourate 71:28 · Nūḥ — du3āʾ de Nūḥ
رَّبِّ اغْفِرْ لِي وَلِوَالِدَيَّ وَلِمَن دَخَلَ بَيْتِيَ مُؤْمِنًا وَلِلْمُؤْمِنِينَ وَالْمُؤْمِنَاتِ
Rabbi ghfir lī wa-li-wālidayya
wa-li-man dakhala baytī muʾminan wa-li-l-muʾminīna wa-l-muʾmināt
Seigneur, pardonne-moi, pardonne à mes parents,
à quiconque est entré dans ma demeure en croyant, aux croyants et aux croyantes.

Note lexicale
Ilāh — Racine أ-ل-ه.
Ibn Fāris (Maqāyīs al-Lugha) identifie deux axes fondamentaux :
(1) l'état de saisissement total, de bouleversement devant ce qui dépasse (al-taḥayyur wa-t-tadhallul) ;
(2) Ce vers quoi se tourne la créature dans cet état de dépendance absolue — ce vers quoi elle se prosterne, s'abîme, cherche refuge.
Al-Farāhīdī (Kitāb al-ʿAyn) : la créature taʾallaha ilayhi — elle se tourne vers lui avec une dépendance et une dévotion totales.
Ibn Manẓūr (Lisān al-ʿArab) : al-ilāh = al-maʿbūd, ce qui est adoré — nommé ainsi parce que la créature se tourne vers lui, s'adresse à lui, trouve repos en son évocation.
Ilāh désigne donc ce qui concentre la totalité de la dévotion, du recours et de l'orientation de la créature — ce vers quoi elle se tourne dans son état de complète dépendance.
Il ne s'agit pas d'un concept mythologique (ce que recouvre « divinité » en français), ni d'un jugement sur la réalité ou l'existence de l'entité désignée : le terme décrit la fonction et la relation, pas une nature ontologique affirmée.
Aucun terme français n'en couvre le champ sémantique exact sans réduction. Ilāh est donc maintenu en translittération.
Thème 3
Miséricorde
الرَّحْمَةُ · 2 entrées
Demandes de miséricorde pour soi, pour ses parents, et de conduite droite dans ses affaires.

Sourate 18:10 · Al-Kahf — du3āʾ des compagnons de la caverne
رَبَّنَا آتِنَا مِن لَّدُنكَ رَحْمَةً وَهَيِّئْ لَنَا مِنْ أَمْرِنَا رَشَدًا
Rabbanā ātinā min ladunka raḥmatan wa-hayyi lanā min amrinā rashadā
Seigneur, accorde-nous de Ta part une miséricorde et dispose pour nous dans notre affaire une droite conduite.

Sourate 28:24 · Al-Qaṣaṣ — Mūsā au puits de Madyan
رَبِّ إِنِّي لِمَا أَنزَلْتَ إِلَيَّ مِنْ خَيْرٍ فَقِيرٌ
Rabbi innī limā anzalta ilayya min khayrin faqīr
Seigneur, je suis dans le besoin de tout bien que Tu fais descendre vers moi.
Note lexicale : Faqīr — racine f-q-r : Ibn Fāris (Maqāyīs al-Lugha) : le manque, l'état de celui qui n'a rien par lui-même. Comme 21:83, cette formule n'emploie pas d'impératif : c'est une déclaration de dépendance totale. La forme de la demande est la traduction exacte de l'état dans lequel elle est formulée.
Thème 4
Bien ici-bas et dans l'au-delà
Protection du feu
الدُّنْيَا وَالآخِرَةُ
3 versets
Demandes portant sur la qualité de l'existence présente et future,
et sur la préservation du tourment du feu.


Sourate 2:201 · Al-Ijāba
رَبَّنَا آتِنَا فِي الدُّنْيَا حَسَنَةً وَفِي الآخِرَةِ حَسَنَةً وَقِنَا عَذَابَ النَّارِ
Rabbanā ātinā fī d-dunyā ḥasanatan wa-fī l-ākhirati ḥasanatan wa-qinā 3adhāba n-nār
Seigneur, donne-nous le bien dans ce monde et le bien dans l'au-delà, et préserve-nous du tourment du feu.

Sourate 3:191 · Āl 3Imrān
رَبَّنَا مَا خَلَقْتَ هَٰذَا بَاطِلًا سُبْحَانَكَ فَقِنَا عَذَابَ النَّارِ
Rabbanā mā khalaqta hādhā bāṭilan subḥānaka fa-qinā 3adhāba n-nār
Seigneur, Tu n'as pas créé cela en vain — gloire à Toi — préserve-nous du tourment du feu.
Sourate 3:192–194 · Āl 3Imrān
رَبَّنَا إِنَّكَ مَن تُدْخِلِ النَّارَ فَقَدْ أَخْزَيْتَهُ ۖ وَمَا لِلظَّالِمِينَ مِنْ أَنصَارٍ ۝ رَّبَّنَا إِنَّنَا سَمِعْنَا مُنَادِيًا يُنَادِي لِلْإِيمَانِ أَنْ آمِنُوا بِرَبِّكُمْ فَآمَنَّا ۚ رَبَّنَا فَاغْفِرْ لَنَا ذُنُوبَنَا وَكَفِّرْ عَنَّا سَيِّئَاتِنَا وَتَوَفَّنَا مَعَ الْأَبْرَارِ ۝ رَّبَّنَا وَآتِنَا مَا وَعَدتَّنَا عَلَىٰ رُسُلِكَ وَلَا تُخْزِنَا يَوْمَ الْقِيَامَةِ ۗ إِنَّكَ لَا تُخْلِفُ الْمِيعَادَ
Rabbanā innaka man tudkhili n-nāra fa-qad akhzaytahu
Seigneur, quiconque Tu fais entrer dans le feu; Tu l'as couvert de honte.
Rabbanā innanā sami3nā munādiyān yunādī li-l-īmān an āminū bi-rabbikum fa-āmannā
Seigneur, nous avons entendu un appelant qui appelait à croire: Et nous avons cru.
Rabbanā fa-ghfir lanā dhunūbanā wa-kaffir 3annā sayyiʾātinā wa-tawaffanā ma3a l-abrār
Pardonne-nous nos fautes, efface nos méfaits, et fais-nous partir avec les hommes de bien.
Rabbanā wa-ātinā mā wa3adtanā 3alā rusulika wa-lā tukhzinā yawma l-qiyāma
Seigneur, donne-nous ce que Tu nous as promis par Tes messagers, et ne nous couvre pas de honte au Jour de la résurrection
innaka lā tukhliful mī3ād
Tu ne manques pas à Ta promesse.
Thème 5
Connaissance
الْعِلْمُ · 1 verset
La demande de croissance en connaissance est attestée une seule fois dans le Coran, adressée directement au Nabī.


Sourate 20:114 · Ṭāhā
رَّبِّ زِدْنِي عِلْمًا
Rabbi zidnī 3ilmā
Seigneur, accroîs-moi en connaissance.

Cette formule, d'une concision remarquable, est la seule demande explicite de connaissance dans le Coran. Elle est adressée directement au Nabi et constitue un modèle de demande à la première personne du singulier.
Thème 6
Famille, descendants, parents
الذُّرِّيَّةُ وَالْوَالِدَانِ · 6 entrées
Demandes portant sur la guidance et le bienfait pour les parents, les épouses, et les générations à venir.

Sourate 14:40 · Ibrāhīm — du3āʾ d'Ibrāhīm
رَبِّ اجْعَلْنِي مُقِيمَ الصَّلَاةِ وَمِن ذُرِّيَّتِي ۚ رَبَّنَا وَتَقَبَّلْ دُعَاءِ
Rabbi j3alnī muqīma ṣ-ṣalāti wa-min dhurriyyatī
Seigneur, fais de moi quelqu'un qui établit la ṣalāt, et qu'il en soit de même pour une part de ma descendance,
Rabbanā wa-taqabbal du3āʾ
Seigneur, accueille mon du3āʾ.

Sourate 17:24 · Al-Isrāʾ
رَّبِّ ارْحَمْهُمَا كَمَا رَبَّيَانِي صَغِيرًا
Rabbi rḥamhumā kamā rabbayānī ṣaghīrā
Seigneur, prends-les en miséricorde comme ils m'ont élevé tout petit.
Contexte de cette du'a :
Le décret ferme de Allaah concernant les parents :
Al-Iḥsān bi-l-Wālidayn / L'Excellence envers les parents
Sourate 17:23 · Al-Isrāʾ
وَقَضَىٰ رَبُّكَ أَلَّا تَعْبُدُوا إِلَّا إِيَّاهُ وَبِالْوَالِدَيْنِ إِحْسَانًا إِمَّا يَبْلُغَنَّ عِندَكَ الْكِبَرَ أَحَدُهُمَا أَوْ كِلَاهُمَا فَلَا تَقُل لَّهُمَا أُفٍّ وَلَا تَنْهَرْهُمَا وَقُل لَّهُمَا قَوْلًا كَرِيمًا
Wa-qaḍā rabbuka Ton Seigneur a définitivement arrêté :
allā taʿbudū illā iyyāhu ne rendez votre dévotion qu'à Lui seul ;
wa-bi-l-wālidayni iḥsānā et [il a arrêté] d'agir avec excellence envers les deux parents.
Immā yablughanna ʿindaka l-kibara Si jamais venait à t'incomber la vieillesse de l'un d'eux, ou des deux ensemble,
aḥaduhumā aw kilāhumā — l'un ou tous deux —
fa-lā taqul lahumā uffin ne laisse pas échapper à leur égard le moindre soupir d'impatience,
wa-lā tanharhumā ne les rabroue pas,
wa-qul lahumā qawlan karīmān et adresse-leur une parole noble.
Sourate 17:24 · Al-Isrāʾ
وَاخْفِضْ لَهُمَا جَنَاحَ الذُّلِّ مِنَ الرَّحْمَةِ وَقُل رَّبِّ ارْحَمْهُمَا كَمَا رَبَّيَانِي صَغِيرًا
Wa-khfiḍ lahumā janāḥa dh-dhilli Abaisse pour eux l'aile de la soumission
mina r-raḥmati du fond de ta propre tendresse pour eux
wa-qul rabbi rḥam-humā et dis : « Mon Seigneur, enveloppe-les de ta raḥma,
kamā rabbayānī ṣaghīrān comme ils m'ont élevé lorsque j'étais petit. »
Notes lexicales — 17:23
Qaḍā (root q-ḍ-y) — Ibn Fāris : sens primitif, l'achèvement définitif et la consolidation irréversible d'une chose (al-iḥkām wa-l-farāgh). Plus fort que amara (ordonner) ou awṣā (recommander) : c'est un arrêt établi une fois pour toutes, non révisable.
Taʿbudū (root ʿ-b-d) — le ʿabd est celui qui se place en disposition totale de service. Le radical déborde le seul acte rituel : il désigne la consécration intégrale de soi. Illā iyyāhu : exclusivité absolue, sans résidu.
Iḥsānā (root ḥ-s-n) — Ibn Fāris : sens primitif, la beauté (al-jamāl). Iḥsān : rendre beau son action, la parfaire — non la simple "bonté" (qui serait khayr) mais l'excellence active dans la manière d'agir. Ellipse syntaxique : le verbe qaḍā est sous-entendu sur ce second membre ; la traduction doit le rendre explicite.
3indaka — marqueur de présence effective dans la sphère de la personne, non nécessairement "dans ta maison" mais : dans ta charge, sous ta responsabilité directe. Le contexte est celui d'une dépendance réelle.
"Uff "interjection exprimant l'irritation minimale, le souffle d'impatience. Le texte pose ici un seuil plancher : même cette infime émission verbale est exclue. Ce n'est pas la violence ou le manque de respect grave qui est visé — ceux-là sont a fortiori exclus — c'est le minimum possible de la mauvaise parole.
Nahara — Ibn Manẓūr : zajarahū wa-ṭaradahū — repousser avec rudesse, interpeller en rejetant. Plus actif que la simple brusquerie : c'est un mouvement de rejet.
Qawlan karīmān — karīm (root k-r-m) : Ibn Fāris : sens primitif, la noblesse et la prééminence (al-ʿizz wa-sh-sharaf). Une parole karīma est noble par sa substance même — non simplement "respectueuse" (qui décrirait son effet sur l'autre) mais intrinsèquement excellente dans ce qu'elle est. Le texte ne précise pas le contenu de cette parole : il en fixe la qualité requise.
Notes lexicales — 17:24
Janāḥ al-dhull — image métaphorique : l'aile abaissée évoque le comportement de l'oiseau qui abaisse ses ailes autour de ses petits en signe de protection et d'enveloppement. Al-dhull (root dh-l-l) : non l'humiliation subie, mais l'abaissement volontaire et délibéré de soi. Ibn Manẓūr : al-līn wa-l-inqiyād — la souplesse et la docilité consenties. C'est un acte, non un état intérieur.
Min al-raḥma — le min exprime ici la cause et l'origine : ce geste d'abaissement doit naître de quelque chose, et cette chose est al-raḥma. Mais laquelle ? Le contexte syntaxique est crucial : le sujet de toute la phrase est le fils/la fille auquel s'adresse l'impératif. Al-raḥma est ici sa propre tendresse, sa propre compassion envers eux — non la miséricorde d'Allaah.
Lire min al-raḥma comme "par la miséricorde [d'Allaah]" est une lecture possible mais elle exige une rupture de sujet non signalée par le texte. La lecture la plus directe : "du fond de ta tendresse pour eux."
Rabbayānī (root r-b-b) — même racine que Rabb. La supplication s'adresse à Al-Rabb en désignant l'acte que les parents ont accompli par le verbe rabbā : élever, nourrir, faire croître — ce que fait précisément al-Rabb pour toute créature. La paronomase est textuelle, non artificielle.
Le texte ne dit pas "comme ils m'ont aimé" mais : comme ils ont accompli cet acte de soin continu et actif.
Dit / non-dit
Le texte ne conditionne pas ces prescriptions à la foi des parents. Le texte ne précise pas à partir de quel degré de dépendance ou d'âge commence la situation décrite. Le texte n'indique pas ce que doit être concrètement le qawl karīm : il en fixe la qualité, non le contenu. L'image du janāḥ al-dhull n'est pas glosée par le texte lui-même : le Quran ne dit pas ce qu'elle signifie — c'est une image dont le sens se dégage du contexte et du lexique de la racine. Le texte ne dit pas que cette raḥma demandée pour les parents leur est accordée : c'est une supplication, non une promesse.

Sourate 25:74 · Al-Furqān
رَبَّنَا هَبْ لَنَا مِنْ أَزْوَاجِنَا وَذُرِّيَّاتِنَا قُرَّةَ أَعْيُنٍ وَاجْعَلْنَا لِلْمُتَّقِينَ إِمَامًا
Rabbanā hab lanā min azwājinā wa-dhurriyyātinā qurrata aʿyunin
Seigneur, accorde-nous, de nos épouses et de notre descendance,
ce qui apaise le regard,
wa-jʿalnā li-l-muttaqīna imāmā
et fais de nous un modèle pour ceux qui se prémunissent.
(Paroles prononcées par les Les ʿibād du Raḥmān décrits à partir de 25 : 63
وَعِبَادُ الرَّحْمَٰنِ الَّذِينَ يَمْشُونَ عَلَى الْأَرْضِ هَوْنًا وَإِذَا خَاطَبَهُمُ الْجَاهِلُونَ قَالُوا سَلَامًا
Wa-ʿibādu r-raḥmāni lladhīna yamshūna 3alā l-arḍi hawnan Les ʿibād du Raḥmān sont ceux qui avancent sur la terre avec légèreté,
wa-idhā khāṭabahumu l-jāhilūna qālū salāmā et quand ceux qui sont dans le jahl leur adressent la parole, ils disent : salām.)

Sourate 46:15 · Al-Aḥqāf
رَبِّ أَوْزِعْنِي أَن أَشْكُرَ نِعْمَتَكَ الَّتِي أَنْعَمْتَ عَلَيَّ وَعَلَىٰ وَالِدَيَّ وَأَنْ أَعْمَلَ صَالِحًا تَرْضَاهُ وَأَصْلِحْ لِي فِي ذُرِّيَّتِي ۖ إِنِّي تُبْتُ إِلَيْكَ وَإِنِّي مِنَ الْمُسْلِمِينَ
(Paroles prononcées par un humain* - al-insān*)
Rabbi awzi3nī an ashkura niʿmataka llatī anʿamta 3alayya wa-3alā wālidayya
Seigneur, inspire-moi à être reconnaissant pour le bienfait que Tu m'as accordé à moi et à mes parents,
wa-an aʿmala ṣāliḥan tarḍāhu wa-aṣliḥ lī fī dhurriyyatī
et à accomplir ce qui est juste et qui ne repousse pas de Toi, et rends droite ma descendance en ma faveur.
innī tubtu ilayka wa-innī mina l-muslimīn
Je reviens vers Toi et je suis du nombre de ceux qui se remettent à Allaah.

Note sur les locuteurs de ce du'ā'
Le texte ne l'attribue pas à un nabī nommé. Le sujet du verset est al-insān l'être humain dans sa généralité. Le du'ā' est décrit comme la parole de celui qui, ayant atteint la pleine maturité, reconnaît ce que ses parents ont porté pour lui — le texte vient de le décrire avec précision : la grossesse dans la peine, l'accouchement dans la peine, trente mois de gestation et de sevrage.
L'encadrement immédiat le confirme en deux temps :
En aval (46:16) : ulāʾika lladhīna nataqabbalu 3anhum aḥsana mā ʿamilū — Allaah répond à ce profil en acceptant le meilleur de ses actes et en lui promettant le Jardin. Le lien est direct : ce du'ā' est la parole de ceux dont il est dit cela.
En contraste (46:17–18) : le texte construit immédiatement le contre-profil — celui qui dit uffin à ses parents, nie la résurrection, balaie les générations. Même âge de la force, même moment de la vie — parole opposée, conséquence opposée.
Dit / non-dit : Le texte ne conditionne pas formellement ce du'ā' à l'âge de quarante ans. Il décrit cet âge comme le moment où cette parole émerge chez cet être humain — non comme un prérequis de validité. Le texte ne dit pas que les parents doivent être vivants. Il ne dit pas que ce profil est prophétique. Il décrit un état de reconnaissance intérieure arrivée à maturité, traduite en orientation vers Allaah.

Sourate 3:38 · Āl 3Imrān — Zakariyyā
رَبِّ هَبْ لِي مِن لَّدُنكَ ذُرِّيَّةً طَيِّبَةً إِنَّكَ سَمِيعُ الدُّعَاءِ
Rabbi hab lī min ladunka dhurriyyatan ṭayyibatan
Seigneur, accorde-moi de Ta part une descendance pure
innaka samīʿu d-du3āʾ
Tu es en effet l'Entendant du du3āʾ.
Note textuelle : Première des trois occurrences du du3ā' de Zakariyyā pour une descendance — comparer 19:4–6 (forme विकसितée) et 21:89 (formule minimale). "Min ladunka" — de Ta part — marque que ce qui est demandé ne peut venir que d'Allaah directement, hors de toute voie ordinaire.

Sourate 21:89 · Al-Anbiyāʾ — Zakariyyā
رَبِّ لَا تَذَرْنِي فَرْدًا وَأَنتَ خَيْرُ الْوَارِثِينَ
Rabbi lā tadharni fardan
Seigneur, ne me laisse pas seul
wa-anta khayru l-wārithīn
Tu es le meilleur des héritiers.

Note textuelle : Troisième occurrence du du3ā' de Zakariyyā — la plus condensée. "Fardan" : seul, sans continuité après soi. "Khayru l-wārithīn" : la formulation reconnaît qu'Allaah est l'héritier de toute chose. La demande tient dans cette tension : même si Tu es le seul héritier, ne me laisse pas partir sans continuation.
Thème 7
Patience, fermeté, victoire
الصَّبْرُ وَالثَّبَاتُ وَالنَّصْرُ · 2 entrées
Demandes portant sur l'endurance, l'ancrage, la victoire, la délivrance des opprimés, et le jugement selon la vérité.

Sourate 2:250 · Al-Ijāba
رَبَّنَا أَفْرِغْ عَلَيْنَا صَبْرًا وَثَبِّتْ أَقْدَامَنَا وَانصُرْنَا عَلَى الْقَوْمِ الْكَافِرِينَ
Rabbanā afrigh 3alaynā ṣabran
Seigneur, déverse sur nous la patience,
wa-thabbit aqdāmanā
affermis nos pas
wa-nṣurnā 3alā l-qawmi l-kāfirīn
et donne-nous la victoire sur le peuple des kāfirūn.

Sourate 7:126 · Al-A3rāf — Les sorciers de Pharaon convertis
رَبَّنَا أَفْرِغْ عَلَيْنَا صَبْرًا وَتَوَفَّنَا مُسْلِمِينَ
Rabbanā afrigh 3alaynā ṣabran
Seigneur, déverse sur nous la patience,
wa-tawaffanā muslimīn
et prends-nous en soumis.
Note textuelle : Ces sorciers viennent de reconnaître la vérité et sont menacés de mort par Pharaon. Seule formule du Coran à associer la demande de ṣabr à la demande de tawaffī dans l'état de soumission. Comparer avec 2:250 (déjà dans l'inventaire) : même ouverture "afrigh 3alaynā ṣabran", mais sans la dimension de la mort imminente.
La demande wa-tawaffanā muslimīn — prends-nous en soumis — est formulée par des hommes qui viennent d'accepter la vérité face à Pharaon et qui sont menacés de mort imminente et certaine. La formule reste prononçable de façon générale — tawaffanī musliman de Yūsuf (S.12:101) est dans l'inventaire sans restriction. Mais dans ce verset précis, wa-tawaffanā est portée par un contexte de mort imminente concrète qui colore la formule. La prononcer est légitime — à condition d'en entendre le poids : c'est la parole de gens qui savent qu'ils vont mourir et qui demandent à mourir dans cet état.
Thème 8
Ouverture de la poitrine
et facilitation de la mission
شَرْحُ الصَّدْرِ · 3 entrées
Demandes portant sur la capacité intérieure à assumer une mission, et sur l'entrée et la sortie dans la vérité.


Sourate 20:25–26 · Ṭāhā — du3āʾ de Mūsā (partiel)
رَبِّ اشْرَحْ لِي صَدْرِي ۝ وَيَسِّرْ لِي أَمْرِي
Rabbi shraḥ lī ṣadrī
Seigneur, ouvre ma poitrine,
wa-yassir lī amrī
facilite-moi mon affaire,
Note : Les versets 20:27–28 (wa-ḥlul 3uqdata min lisānī / yafqahū qawlī) ont été séparés et transférés au Thème 12 — ils sont liés à la condition personnelle de Mūsā et à sa mission spécifique vers Pharaon (20:24), contexte non transposable.

Sourate 17:80 · Al-Isrāʾ
رَّبِّ أَدْخِلْنِي مُدْخَلَ صِدْقٍ وَأَخْرِجْنِي مُخْرَجَ صِدْقٍ وَاجْعَل لِّي مِن لَّدُنكَ سُلْطَانًا نَّصِيرًا
Rabbi adriknī mudkhala ṣidqin wa-akhrijnī mukhraja ṣidqin
Seigneur, fais-moi entrer d'une entrée vraie et sortir d'une sortie vraie,
wa-jʿal lī min ladunka sulṭānan naṣīrā
et donne-moi de Ta part une autorité secourable.

Sourate 23:29 · Al-Muʾminūn — Nūḥ sur l'arche
وَقُل رَّبِّ أَنزِلْنِي مُنزَلًا مُّبَارَكًا وَأَنتَ خَيْرُ الْمُنزِلِينَ
Rabbi anzilnī munzalan mubārakan
Seigneur, fais-moi descendre dans un établissement béni
wa-anta khayru l-munzilīn
Tu es le meilleur de ceux qui font descendre.
Note textuelle : Le contexte est 23:28 — Nūḥ et ceux qui sont avec lui installés sur l'arche. Cette demande d'arrivée dans un lieu béni appartient au registre de la facilitation du passage et de l'installation, non à celui de la victoire ou de la protection contre un ennemi.
Thème 9
Demandes de Protection
Demandes de protection contre les sollicitations des shayāṭīn,
leur présence, le mal de la création, et les murmures des corrupteurs.

الاِسْتِعَاذَةُ 3 entrées


Sourate 23:97–98 · Al-Muʾminūn
رَّبِّ أَعُوذُ بِكَ مِنْ هَمَزَاتِ الشَّيَاطِينِ ۝ وَأَعُوذُ بِكَ رَبِّ أَن يَحْضُرُونِ
Rabbi a3ūdhu bika min hamazāti sh-shayāṭīn
Seigneur, je me place sous Ta protection contre les sollicitations des shayāṭīn,
wa-a3ūdhu bika Rabbi an yaḥḍurūn
et je me place sous Ta protection, Seigneur, contre leur présence auprès de moi.

Sourate 113 · Al-Falaq
(Voir ci-dessous la note sur la transposition: ce que "qul" enseigne.)
TEXTE CORANIQUE:
قُلْ أَعُوذُ بِرَبِّ ٱلْفَلَقِ ۝ مِن شَرِّ مَا خَلَقَ ۝ وَمِن شَرِّ غَاسِقٍ إِذَا وَقَبَ ۝ وَمِن شَرِّ ٱلنَّفَّـٰثَـٰتِ فِى ٱلْعُقَدِ ۝ وَمِن شَرِّ حَاسِدٍ إِذَا حَسَدَ
Qul a3ūdhu bi-rabbi l-falaq
Dis : « Je me place sous la protection du Seigneur du falaq,
min sharri mā khalaqa
contre le mal de ce qu'Il a créé,
wa-min sharri ghāsiqin idhā waqab
contre le mal de l'obscurité quand elle s'abat et s'installe,
wa-min sharri n-naffāthāti fī l-3uqad
contre le mal de celles qui soufflent dans les nœuds,
wa-min sharri ḥāsidin idhā ḥasad
contre le mal de l'envieux quand l'envie le saisit. »

Note sur la transposition: ce que "qul" enseigne
Qul est un impératif de la racine q-w-l — dis, prononce. Dans les cette sourate, le texte se структue en deux temps distincts :
Le premier temps est l'instruction : qul — Allaah s'adresse au Nabī et lui commande de dire quelque chose.
Le second temps est ce qui doit être dit : a3ūdhu bi-rabbi l-falaq...
Cette structure dit donc deux choses simultanément : elle transmet la formule, et elle enseigne comment s'en emparer. Qul n'est pas une partie de la formule — c'est la clé qui ouvre la formule.
Le texte dit au Nabī : "prononce ce qui suit" — et en le disant au Nabī, il enseigne à quiconque lit ce texte exactement la même chose : prononce ce qui suit.
La transposition n'est donc pas une déduction externe au texte ni une manipulation de la formule — elle est prescrite par la structure même du texte.
Qul est l'acte de transposition intégré dans le texte lui-même : l'impératif crée l'espace dans lequel le lecteur se substitue naturellement au Nabī pour prononcer ce qui vient après.
Dans le cadre d'une demande de protection, prononcer "a3ūdhu bi-rabbi l-falaq" sans prononcer "qul",
c'est obéir exactement à ce que le texte commande.
Notes lexicales
Al-falaq — racine f-l-q. Al-Farāhīdī (Kitāb al-3Ayn) : al-falaq = al-ṣubḥ — l'aurore, nommée ainsi parce que l'obscurité se fend à son apparition. Ibn Fāris (Maqāyīs al-Lugha) : sens primitif, la fente — al-shaqq. Ibn Manẓūr (Lisān al-3Arab) : shaqq al-ẓulma wa-ḍiyāʾ al-ṣubḥ — la fente dans l'obscurité, la lumière de l'aube. Aucun terme français ne rend simultanément l'acte de fendre et l'aube qui en résulte : al-falaq est maintenu.
Ghāsiq — racine gh-s-q : l'obscurité qui s'intensifie et s'épaissit. Al-Farāhīdī : la nuit quand elle tombe et son obscurité s'épaissit.
Waqaba — racine w-q-b (la cavité, l'ouverture profonde). Ibn Manẓūr : dakhala wa-staqarra — entrer et s'installer durablement.
Al-naffāthāt — racine n-f-th : souffler légèrement, avec un peu d'humidité. Al-Farāhīdī : nafatha se distingue de nafakha par la légèreté du souffle. Forme intensifiante au féminin pluriel. Le texte ne dit pas qui elles sont.
Al-3uqad — pluriel de 3uqda, racine 3-q-d : nouer, lier. Le texte ne précise pas leur nature.
Ḥāsid / ḥasad — racine ḥ-s-d. Ibn Fāris : le souhait que le bien d'autrui disparaisse — distinct de al-ghibṭa (désirer un bien semblable pour soi) : le ḥasad veut la suppression du bien chez l'autre.
Dit / non-dit : Le texte ne dit pas qui sont les naffāthāt. Le texte ne restreint pas le mal évoqué aux seuls êtres humains ni aux seuls jinn. Le texte ne définit pas ce que sont les 3uqad.

Sourate 114 · Al-Nās
TEXTE CORANIQUE
(Voir ci-dessous la note sur la transposition: ce que "qul" enseigne.)
قُلْ أَعُوذُ بِرَبِّ ٱلنَّاسِ ۝ مَلِكِ ٱلنَّاسِ ۝ إِلَـٰهِ ٱلنَّاسِ ۝ مِن شَرِّ ٱلْوَسْوَاسِ ٱلْخَنَّاسِ ۝ ٱلَّذِى يُوَسْوِسُ فِى صُدُورِ ٱلنَّاسِ ۝ مِنَ ٱلْجِنَّةِ وَٱلنَّاسِ
Qul a3ūdhu bi-rabbi n-nās
Dis : « Je me place sous la protection du Seigneur des humains,
maliki n-nās
du Maître des humains,
ilāhi n-nās
de l'Ilāh des humains,
min sharri l-waswāsi l-khannās
contre le mal du Murmurateur-qui-se-dérobe,
alladhī yuwaswisu fī ṣudūri n-nās
qui insinue ses murmures dans les poitrines des humains,
mina l-jinnati wa-n-nās
qu'il soit d'entre les jinn ou d'entre les humains. »

Note sur la transposition: ce que "qul" enseigne
Qul est un impératif de la racine q-w-l — dis, prononce. Dans cette sourate, le texte se структue en deux temps distincts :
Le premier temps est l'instruction : qul — Allaah s'adresse au Nabī et lui commande de dire quelque chose.
Le second temps est ce qui doit être dit : a3ūdhu bi-rabbi n-nās...
Cette structure dit donc deux choses simultanément : elle transmet la formule, et elle enseigne comment s'en emparer. Qul n'est pas une partie de la formule — c'est la clé qui ouvre la formule.
Le texte dit au Nabī : "prononce ce qui suit" — et en le disant au Nabī, il enseigne à quiconque lit ce texte exactement la même chose : prononce ce qui suit.
La transposition n'est donc pas une déduction externe au texte ni une manipulation de la formule — elle est prescrite par la structure même du texte.
Qul est l'acte de transposition intégré dans le texte lui-même : l'impératif crée l'espace dans lequel le lecteur se substitue naturellement au Nabī pour prononcer ce qui vient après.
Dans le cadre d'une demande de protection, prononcer "a3ūdhu bi-rabbi n-nās..." sans prononcer "qul",
c'est obéir exactement à ce que le texte commande.
Notes lexicales
Al-waswās — racine w-s-w-s (quadrilitéral onomatopéique, imitant le bruissement du murmure furtif). Ibn Manẓūr (Lisān al-3Arab) : al-ṣawt al-khafī al-mukarrar — le son faible et répété. Désigne à la fois l'acte et l'agent.
Al-khannās — racine kh-n-s : se retirer, se dérober, reculer. Ibn Fāris (Maqāyīs al-Lugha) : al-rujū3 wa-t-takhalluf — le retrait et le recul. Al-Farāhīdī (Kitāb al-3Ayn) : disparaître et se cacher. Forme intensifiante : celui qui se dérobe de manière caractéristique et répétée.
Yuwaswisu — forme verbale dérivée de w-s-w-s : agir par murmures répétés, insinuer par voie de murmure. Fī ṣudūri : dans les poitrines — le ṣadr dans le Coran est le siège du débat intérieur, de l'ouverture ou du resserrement (cf. 94:1, 20:25).
Ilāh — voir note lexicale en 21:87.
Dit / non-dit : Le texte identifie explicitement deux catégories pour al-waswās al-khannās : les jinn et les humains. Le texte ne l'identifie pas comme shayṭān. Les trois désignations en apposition (rabbi n-nās, maliki n-nās, ilāhi n-nās) constituent la triple assise du recours — le texte les juxtapose sans les hiérarchiser.
Thème 10
Gratitude et actes justes
الشُّكْرُ وَالْعَمَلُ الصَّالِحُ
2 entrées
Demandes d'être inspiré à la reconnaissance pour les bienfaits reçus,
et à l'accomplissement d'actes justes qui ne repoussent pas d'Allaah.


Sourate 27:19 · Al-Naml — du3āʾ de Sulaymān
رَبِّ أَوْزِعْنِي أَنْ أَشْكُرَ نِعْمَتَكَ الَّتِي أَنْعَمْتَ عَلَيَّ وَعَلَىٰ وَالِدَيَّ وَأَنْ أَعْمَلَ صَالِحًا تَرْضَاهُ وَأَدْخِلْنِي بِرَحْمَتِكَ فِي عِبَادِكَ الصَّالِحِينَ
Rabbi awzi3nī an ashkura ni3mataka llatī an3amta 3alayya wa-3alā wālidayya
Seigneur, inspire-moi à être reconnaissant pour le bienfait que Tu m'as accordé et à mes parents,
wa-an a3mala ṣāliḥan tarḍāhu
et à accomplir ce qui est juste et qui ne repousse pas de Toi,
wa-adriknī bi-raḥmatika fī 3ibādika ṣ-ṣāliḥīn
et fais-moi entrer par Ta miséricorde dans le nombre de Tes serviteurs hommes de bien.

Sourate 46:15 · Al-Aḥqāf
رَبِّ أَوْزِعْنِي أَن أَشْكُرَ نِعْمَتَكَ الَّتِي أَنْعَمْتَ عَلَيَّ وَعَلَىٰ وَالِدَيَّ وَأَنْ أَعْمَلَ صَالِحًا تَرْضَاهُ وَأَصْلِحْ لِي فِي ذُرِّيَّتِي ۖ إِنِّي تُبْتُ إِلَيْكَ وَإِنِّي مِنَ الْمُسْلِمِينَ
Rabbi awzi3nī an ashkura ni3mataka llatī an3amta 3alayya wa-3alā wālidayya
Seigneur, inspire-moi à être reconnaissant pour le bienfait que Tu m'as accordé à moi et à mes parents,
wa-an a3mala ṣāliḥan tarḍāhu wa-aṣliḥ lī fī dhurriyyatī
et à accomplir ce qui est juste et qui ne repousse pas de Toi, et rends droite ma descendance en ma faveur.
innī tubtu ilayka wa-innī mina l-muslimīn
Je reviens vers Toi et je suis du nombre de ceux qui se remettent à Allaah.
Ce verset figure également au Thème 06 (Famille) — son contenu relève des deux registres.
Thème 11
Lumière
النُّورُ
1 verset
Demande d'accomplissement de la lumière — dans un contexte eschatologique
(66:8 : au Jour de la résurrection)
qui en fait une demande à la fois présente et future.


Sourate 66:8 · Al-Taḥrīm
رَبَّنَا أَتْمِمْ لَنَا نُورَنَا وَاغْفِرْ لَنَا ۖ إِنَّكَ عَلَىٰ كُلِّ شَيْءٍ قَدِيرٌ
Rabbanā atmim lanā nūranā wa-ghfir lanā
Seigneur, mène pour nous notre lumière à son plein accomplissement et pardonne-nous
innaka 3alā kulli shayʾin qadīr
Tu es sur toute chose en pleine capacité.
Formules à référent concret requis
صِيَغٌ تَسْتَلْزِمُ مَرْجِعًا وَاقِعِيًّا
6 entrées

Ces formules sont du texte coranique à part entière. Elles se distinguent des 46 entrées transposables par un trait structurel : elles présupposent un référent concret et vérifiable dans la situation du locuteur. Les prononcer sans ce référent réel serait appliquer une formule à une situation qu'elle ne décrit pas. Elles ne sont pas non transposables au sens des demandes propres aux nabī — elles sont transposables sous condition stricte : uniquement lorsque la situation du locuteur correspond réellement à ce que la formule décrit.

Sourate 4:75 · Al-Nisāʾ — Les mustaḍʿafūn
رَبَّنَا أَخْرِجْنَا مِنْ هَٰذِهِ الْقَرْيَةِ الظَّالِمِ أَهْلُهَا وَاجْعَل لَّنَا مِن لَّدُنكَ وَلِيًّا وَاجْعَل لَّنَا مِن لَّدُنكَ نَصِيرًا
Rabbanā akhrijnā min hādhihi l-qaryati ẓ-ẓālimi ahluhā
Seigneur, fais-nous sortir de cette cité dont les habitants sont injustes,
wa-jʿal lanā min ladunka waliyyan*
et donne-nous de Ta part un protecteur*,
wa-j3al lanā min ladunka naṣīrā*
et donne-nous de Ta part un secoureur*.

Note textuelle : Le texte nomme lui-même ces locuteurs : mustaḍʿafīn — racine ḍ-ʿ-f, ceux que l'on a rendus faibles, que l'on a dominés. Ce n'est pas une faiblesse intrinsèque : c'est un état imposé. La demande en trois temps : sortie / protection / secours.
Hādhihi l-qarya — cette cité — est un démonstratif déictique* qui exige un référent géographique et situationnel réel. La formule est prononçable uniquement par quelqu'un qui se trouve effectivement dans un état de istidʿāf — domination subie — dans un contexte concret qu'il peut désigner. Sans ce référent, hādhihi ne pointe vers rien et la formule est vide.
*déictique: mot ou expression dont le sens dépend du contexte d’énonciation (qui parle, quand, où).

*Note — min ladunka : Le protecteur et le secoureur viennent d'Allaah, non d'un intermédiaire autonome
Ce que la préposition dit
Min ladunka — de Ta part directe, depuis Ta présence immédiate. La racine ladun désigne la proximité immédiate, la présence directe, sans intermédiaire. Ibn Fāris : ladun = ʿinda avec une intensité de proximité supérieure.
Le texte ne dit pas min ʿindi llāh — il dit min ladunka.
C'est précisément la formule qu'Al-Kahf emploie pour désigner la connaissance accordée au serviteur anonyme :
S 18:65
وَعَلَّمْنَاهُ مِن لَّدُنَّا عِلْمًا
wa-3allamnāhu min ladunnā 3ilmā
une transmission directe depuis Notre présence, sans intermédiaire.
Ce qui est dit : le walī et le naṣīr demandés sont demandés à Allaah et depuis Allaah directement. La formule exclut structurellement tout intermédiaire autonome.
L'argument de Dhū l-Qarnayn S.18:84-98
Le cas de Dhū l-Qarnayn est le meilleur exemple textuel d'un naṣīr accordé min ladun Allaah :
S 18:84
إِنَّا مَكَّنَّا لَهُ فِي الْأَرْضِ
Innā makkannā lahu fī l-arḍ
Nous lui avons donné prise sur la terre.

Dhū l-Qarnayn ne s'est pas désigné lui-même. Il n'a pas revendiqué une autorité propre. Quand le peuple menacé par Yāʾjūj et Māʾjūj lui demande secours, il répond :
S 18:95
مَا مَكَّنِّي فِيهِ رَبِّي خَيْرٌ
mā makkannī fīhi rabbī khayrun
ce en quoi mon Seigneur m'a établi est préférable.
Et l'issue de la construction de la barrière est :
S 18:98
هَٰذَا رَحْمَةٌ مِّن رَّبِّي
hādhā raḥmatun min rabbī
ceci est une miséricorde de mon Seigneur.
Le naṣīr dans ce cas n'est pas un intermédiaire entre le peuple et Allaah — c'est un instrument par lequel Allaah déploie Sa miséricorde. La source reste Allaah. L'agent est un être humain doté de moyens par Allaah, qui le reconnaît lui-même explicitement.
Argument linguistique — walī et naṣīr dans le Coran
Le Coran emploie systématiquement walī et naṣīr en les rattachant à Allaah comme source unique :
S 3:150
وَاللَّهُ وَلِيُّكُمْ وَهُوَ أَعْلَمُ بِالظَّالِمِينَ
wa-llāhu waliyyukum wa-huwa a3lamu bi-ẓ-ẓālimīn
S 57:2
وَاللَّهُ الْوَلِيُّ وَهُوَ يُحْيِي وَيُمِيتُ
wa-llāhu l-waliyyu wa-huwa yuḥyī wa-yumīt
Et surtout :
S 42:31
مَا لَكُم مِّن دُونِهِ مِن وَلِيٍّ وَلَا نَصِيرٍ
mā lakum min dūnihi min waliyyin wa-lā naṣīr
vous n'avez en dehors de Lui ni protecteur ni secoureur.
Ce dernier verset est décisif : Il pose que walī et naṣīr n'existent pas min dūnihi — en dehors de Lui.
La demande de S.4:75 min ladunka s'inscrit dans cette cohérence exacte :
Elle ne demande pas un intermédiaire autonome — elle demande qu'Allaah dispose Lui-même d'un protecteur et d'un secoureur pour les opprimés, comme Il l'a fait pour d'autres peuples par d'autres moyens.
Ce qui est dit : min ladunka ancre l'origine du walī et du naṣīr dans la présence directe d'Allaah. Le texte coranique atteste que ces fonctions n'existent pas min dūni llāh (42:31). Dhū l-Qarnayn illustre concrètement ce que le Coran entend par un secoureur accordé "min ladun Allaah" : un être humain doté de moyens par Allaah, qui en reconnaît explicitement la source.
Non-dit : le texte ne dit pas que le walī ou le naṣīr demandé doit être un nabī. Il ne dit pas non plus que n'importe quelle personne dotée d'autorité peut se désigner comme walī min ladun Allaah. Le texte ne donne pas de critère pour identifier qui remplit cette fonction dans un contexte donné — il dit uniquement que cette fonction vient d'Allaah.
Inférence légitime : utiliser min ladunka pour justifier le recours à un intermédiaire autonome entre la créature et Allaah contredit la structure même de la formule — qui demande précisément qu'Allaah soit la source directe du secours, non un intermédiaire qui s'en approprierait l'autorité.

Sourate 10:85–86 · Yūnus — Mūsā et son peuple face à Pharaon
رَبَّنَا لَا تَجْعَلْنَا فِتْنَةً لِّلْقَوْمِ الظَّالِمِينَ ۝ وَنَجِّنَا بِرَحْمَتِكَ مِنَ الْقَوْمِ الْكَافِرِينَ
Rabbanā lā taj3alnā fitnatan li-l-qawmi ẓ-ẓālimīn
Seigneur, ne fais pas de nous une fitna pour le peuple des injustes,
wa-najjinā bi-raḥmatika mina l-qawmi l-kāfirīn
et délivre-nous par Ta miséricorde du peuple des kāfirūn.
Notes lexicales
Fitna — épreuve, trouble, mise à l'épreuve qui révèle et expose. Ici : ne pas devenir un motif d'égarement ou de surenchère pour les injustes.
Najjinā — racine n-j-w / n-j-y : sauver, délivrer, faire franchir à l'abri du danger. La demande est adossée à la rahma, non à un mérite revendiqué.
Dit / non-dit : La demande ne nie pas l'épreuve déjà en cours ; elle demande qu'elle ne se retourne pas en fitna pour le camp adverse. Le texte articule protection et issue, sans détailler le déroulement de l'événement.

Sourate 12:33 · Yūsuf — Yūsuf en situation de tentation
رَبِّ السِّجْنُ أَحَبُّ إِلَيَّ مِمَّا يَدْعُونَنِي إِلَيْهِ وَإِلَّا تَصْرِفْ عَنِّي كَيْدَهُنَّ أَصْبُ إِلَيْهِنَّ وَأَكُن مِّنَ الْجَاهِلِينَ
Rabbi s-sijnu aḥabbu ilayya mimmā yad3ūnanī ilayh
Seigneur, la prison m'est plus chère que ce vers quoi elles m'appellent —
wa-illā taṣrif 3annī kaydahunna aṣbu ilayhinna wa-akun mina l-jāhilīn
et si Tu ne détournes pas de moi leur stratagème, je me laisserai attirer vers elles et je serai du nombre de ceux qui sont dans le jahl.
Note textuelle : Yūsuf commence par exprimer sa préférence, non par demander directement. Il pose ensuite la condition négative honnêtement : « si Tu ne détournes pas... je serai entraîné. » Il ne dit pas « je ne ferai pas » — il dit ce qui adviendra de lui sans cette protection. Lucidité sur sa propre fragilité doublée d'une demande de protection.

Sourate 21:83 · Al-Anbiyāʾ — Ayyūb
S.21:83 — texte coranique
وَأَيُّوبَ إِذْ نَادَىٰ رَبَّهُ أَنِّى مَسَّنِىَ ٱلضُّرُّ وَأَنتَ أَرْحَمُ ٱلرَّٰحِمِينَ
Wa-Ayyūba idh nādā rabbahu annī massaniya ḍ-ḍurru wa-anta arḥamu r-rāḥimīn
Et Ayyūb — quand il appela son Seigneur : « L'épreuve m'a touché — et Tu es arḥamu r-rāḥimīn*. »
Note textuelle : Cette formule n'emploie pas d'impératif. C'est une adresse qui énonce l'état et reconnaît ce qui fait face, sans aller plus loin. Le texte rapporte qu'Allaah répond à cet appel (21:84). C'est la formule du besoin absolu sans demande articulée.

Transposition*:
ce qui suit n'est pas la formulation textuelle du Coran
Ce que le texte nous transmet, transposé à nous :
Rabbi annī massaniya ḍ-ḍurru
Seigneur, l'épreuve m'a touché
wa-anta arḥamu r-rāḥimīn
et Tu es arḥamu r-rāḥimīn.
Fin de la transposition.
*Note sur la transposition:
Le texte coranique rapporte la scène à la troisième personne :
Wa-Ayyūba idh nādā rabbahu Et Ayyūb — quand il appela son Seigneur…
Ce que dit le texte : Ayyūb s'adresse à son Seigneur avec les mots annī massaniya ḍ-ḍurru wa-anta arḥamu r-rāḥimīn.
La transposition consiste à supprimer le cadre narratif Wa-Ayyūba idh nādā rabbahu — qui appartient au récit, et à ne conserver que les mots de l'adresse directe, en les reprenant à la première personne :
Annī massaniya ḍ-ḍurru wa-anta arḥamu r-rāḥimīn
que l'on peut introduire par Rabbi — "Mon Seigneur" — pour marquer l'adresse directe, ce qui donne :
Rabbi — annī massaniya ḍ-ḍurru wa-anta arḥamu r-rāḥimīn Mon Seigneur — l'épreuve m'a touché, et Tu es arḥamu r-rāḥimīn.
Ce que cette transposition n'est pas : une formule coranique.
Le Coran ne dit pas Rabbi annī massaniya ḍ-ḍurru — il dit nādā rabbahu annī massaniya ḍ-ḍurru. La transposition est légitime comme acte de reprise personnelle — à condition de ne jamais la présenter comme du texte coranique.

*Note lexicale — arḥamu r-rāḥimīn
Racine ر-ح-م.
Ibn Fāris (Maqāyīs al-Lugha) : al-riqqatu wa-t-taʿaṭṭuf — la tendresse intérieure et l'inclination vers l'autre. La racine désigne un mouvement qui porte vers l'autre avec douceur et bienveillance — antérieur à toute détresse, non conditionné par elle.
Arḥamu r-rāḥimīn est un superlatif absolu : le plus x parmi tous ceux qui possèdent x. La construction dit que ce qui est désigné dépasse infiniment tous ceux qui partagent cette même qualité.
La traduction courante "le plus miséricordieux des miséricordieux" est un calque syntaxique recevable — mais "miséricordieux" (du latin misericors : cœur sensible à la misère) ne couvre qu'une partie du sens : il désigne une réaction à la détresse, là où la racine arabe désigne une tendresse et une bienveillance constitutives, indépendantes de la détresse de celui qui en bénéficie.
Aucun équivalent français n'épuise le sens. Arḥamu r-rāḥimīn est conservé en translittération.

Sourate 29:30 · Al-ʿAnkabūt — Lūṭ
رَبِّ انصُرْنِي عَلَى الْقَوْمِ الْمُفْسِدِينَ
Rabbi nṣurnī 3alā l-qawmi l-mufsidīn
Seigneur, donne-moi la victoire sur le peuple des corrupteurs.
Al-qawm al-mufsidūn — ce peuple des corrupteurs — est un référent collectif concret que Lūṭ peut désigner dans sa situation. La formule présuppose un qawm réel et identifiable comme mufsidūn dans la situation concrète du locuteur. La prononcer sans référent réel serait désigner arbitrairement un groupe comme mufsidūn pour légitimer une demande de victoire contre eux — ce que le texte ne dit pas et ne permet pas.

Sourate 54:10 · Al-Qamar — Nūḥ
Texte coranique :
فَدَعَا رَبَّهُ أَنِّي مَغْلُوبٌ فَانتَصِرْ
Fa-da3ā rabbahu annī maghlūbun fa-ntaṣir
Il appela son Seigneur : « Je suis dépassé — interviens. »
Note de transposition :
Le texte coranique rapporte la scène à la troisième personne : fa-daʿā rabbahu — il appela son Seigneur. La transposition consiste à supprimer ce cadre narratif et à ne conserver que le contenu de l'adresse en discours direct, en introduisant le vocatif Rabbi :
Rabbi — innī maghlūbun fa-ntaṣir
Seigneur — je suis dépassé : interviens.
Le Coran ne dit pas Rabbi innī maghlūbun — il dit daʿā rabbahu annī maghlūbun. La transposition est légitime comme acte de reprise personnelle — à condition de ne jamais la présenter comme du texte coranique.
Note textuelle : Quatre mots après le verbe d'adresse. « Maghlūbun » — passif : je suis mis en défaite. « Fa-ntaṣir » — forme VIII de la racine n-ṣ-r, intransitif : fais valoir Ton secours. La formule ne dit pas « donne-moi la victoire » : elle dit « je suis dépassé — interviens ». Reconnaissance d'impuissance absolue, non demande de victoire pour soi.
Innī maghlūbun — je suis dépassé — est une déclaration d'état, non une aspiration. La formule est portée par le contexte de Nūḥ : des siècles de mission, un rejet total et répété, l'épuisement d'un mandat. Prononcer innī maghlūbun fa-ntaṣir engage la sincérité du locuteur sur la réalité de cet état. Elle est prononçable uniquement lorsque l'épuisement et le dépassement décrits correspondent à une situation réelle et vérifiable.
Thème 12
Demandes propres aux nabī:
contextes non transposables
طَلَبَاتٌ خَاصَّةٌ بِالأَنْبِيَاءِ
14 entrées

Ces 14 formules sont du texte coranique à part entière. Elles sont regroupées ici séparément car leur objet est lié à un mandat prophétique particulier, à un contexte historique unique non reproductible, à une demande de révélation directe adressée à un nabī, à une situation personnelle irréductible à un modèle général, ou parce qu'elles sont formulées par des entités non humaines. Les inclure dans l'inventaire général sans distinction serait taire ce que le texte dit implicitement par leur contexte.
Sourate 2:260 · Al-Ijāba — du'ā' d'Ibrāhīm
وَإِذْ قَالَ إِبْرَاهِيمُ رَبِّ أَرِنِي كَيْفَ تُحْيِي الْمَوْتَىٰ
Rabbi arinī kayfa tuḥyī l-mawtā
Seigneur, montre-moi comment Tu ressuscites les morts.
Contexte textuel : La demande est immédiatement suivie d'un dialogue direct — Allaah lui demande s'il ne croit pas ; Ibrāhīm répond : si, mais pour que mon cœur trouve la tranquillité (li-yaṭmaʾinna qalbī). Allaah accède à la demande. Le texte lie explicitement cette demande à une confirmation intérieure unique, dans un contexte narratif précis. Il ne la présente pas comme un modèle à reproduire.
Dit / non-dit : Le texte ne généralise pas cette demande. Il ne la condamne pas non plus. Il la rapporte dans son contexte et sa réponse.

Sourate 5:114 · Al-Māʾida — du'ā' de 3Īsā
رَبَّنَا أَنزِلْ عَلَيْنَا مَائِدَةً مِّنَ السَّمَاءِ تَكُونُ لَنَا عِيدًا لِّأَوَّلِنَا وَآخِرِنَا وَآيَةً مِّنكَ وَارْزُقْنَا وَأَنتَ خَيْرُ الرَّازِقِينَ
Rabbanā anzil 3alaynā māʾidatan mina s-samāʾi
Seigneur, fais descendre sur nous une table chargée venant du ciel,
takūna lanā 3īdan li-awwalinā wa-ākhirinā wa-āyatan minka
qui soit pour nous une fête — pour les premiers et les derniers d'entre nous — et un signe venant de Toi,
wa-rzuqnā wa-anta khayru r-rāziqīn
et pourvois-nous — Tu es le meilleur des pourvoyeurs.
Contexte textuel : La demande inclut explicitement āyatan minka — un signe venant de Toi. C'est une demande de miracle confirmatoire liée au mandat de 3Īsā. Le texte rapporte qu'Allaah y accède avec un avertissement grave : quiconque renie après ce signe sera châtié d'un tourment sans équivalent. Ce contexte est non reproductible.
Dit / non-dit : Le texte ne présente pas cette demande comme un modèle de du'ā'. La dimension signe-miracle est propre au contexte prophétique de 3Īsā.

Sourate 38:35 · Ṣād — du'ā' de Sulaymān
رَبِّ اغْفِرْ لِي وَهَبْ لِي مُلْكًا لَّا يَنبَغِي لِأَحَدٍ مِّن بَعْدِي ۖ إِنَّكَ أَنتَ الْوَهَّابُ
Rabbi ghfir lī
Seigneur, pardonne-moi,
wa-hab lī mulkan lā yanbaghī li-aḥadin min ba3dī
et accorde-moi un règne qui ne sied à personne après moi
innaka anta l-wahhāb
Tu es en effet l'Infini Donateur.
Contexte textuel : Sulaymān demande explicitement un règne sans équivalent pour aucun autre être humain. Le texte rapporte qu'Allaah lui accorde (38:36). La nature même de cette demande — un don expressément demandé comme exclusif et sans successeur — la rend non transposable par définition.
Dit / non-dit : Le texte ne dit pas pourquoi Sulaymān formule cette demande. Il ne dit pas ce que désigne ce mulk dans son étendue exacte. Il dit qu'Allaah l'a accordé.
L'entrée 71:28 figure dans l'inventaire (section Pardon). Les versets 71:26–27 en sont le préambule direct dans le même du'ā'. Le texte complet de cette adresse de Nūḥ est 71:26–28.

Sourate 71:26–28 · Nūḥ — du'ā' complet
رَبِّ لَا تَذَرْ عَلَى الْأَرْضِ مِنَ الْكَافِرِينَ دَيَّارًا ۝ إِنَّكَ إِن تَذَرْهُمْ يُضِلُّوا عِبَادَكَ وَلَا يَلِدُوا إِلَّا فَاجِرًا كَفَّارًا ۝ رَّبِّ اغْفِرْ لِي وَلِوَالِدَيَّ وَلِمَن دَخَلَ بَيْتِيَ مُؤْمِنًا وَلِلْمُؤْمِنِينَ وَالْمُؤْمِنَاتِ
Rabbi lā tadhar 3alā l-arḍi mina l-kāfirīna dayyārā
Seigneur, ne laisse sur la terre aucun des kāfirūn — pas un seul,
innaka in tadhar-hum yuḍillū 3ibādaka wa-lā yalidū illā fājiran kaffārā
car si Tu les laisses, ils égareront Tes serviteurs et n'engendreront que des pervers et des kāfirūn obstinés.
Rabbi ghfir lī wa-li-wālidayya wa-li-man dakhala baytī muʾminan wa-li-l-muʾminīna wa-l-muʾmināt
Seigneur, pardonne-moi, pardonne à mes parents, à quiconque est entré dans ma demeure en croyant, aux croyants et aux croyantes.
Contexte textuel : La première partie (71:26–27) est une demande d'anéantissement total d'une population nommée. Le texte situe cette demande après des siècles de mission documentés (71:5–6) et un rejet total et répété attesté par le récit lui-même. Ce n'est pas une demande générale contre des adversaires — c'est l'aboutissement d'un mandat prophétique unique et épuisé. La seconde partie (71:28) est une demande de pardon à portée universelle, qui figure déjà dans l'inventaire général.
Dit / non-dit : Le texte ne condamne pas la première demande. Il ne la valide pas comme modèle à reproduire. La tension avec 71:28 — qui inclut les croyantes et les croyants sans restriction — est une tension textuelle réelle que le texte laisse ouverte.


Sourate 40:7–9 · Ghāfir — Du'ā' des malāʾika pour les croyants
Cette formule n'est pas prononcée par des êtres humains mais par ceux qui portent le 3Arsh et ceux qui l'entourent. C'est la seule entrée de cet inventaire dont les locuteurs ne sont pas humains. Elle figure ici car sa structure est celle d'un du'ā' — mais son origine exclut toute transposition directe à la première personne par un être humain.
رَبَّنَا وَسِعْتَ كُلَّ شَيْءٍ رَّحْمَةً وَعِلْمًا فَاغْفِرْ لِلَّذِينَ تَابُوا وَاتَّبَعُوا سَبِيلَكَ وَقِهِمْ عَذَابَ الْجَحِيمِ ۝ رَبَّنَا وَأَدْخِلْهُمْ جَنَّاتِ عَدْنٍ الَّتِي وَعَدتَّهُم
Rabbanā wasi3ta kulla shayʾin raḥmatan wa-3ilmā
Seigneur, Tu as embrassé toute chose de miséricorde et de connaissance
fa-ghfir lilladhīna tābū wa-ttaba3ū sabīlaka wa-qihim 3adhāba l-jaḥīm
pardonne donc à ceux qui sont revenus et ont suivi Ta voie, et préserve-les du tourment de la Jaḥīm.
Rabbanā wa-adkhilhum jannāti 3adnin allatī wa3adtahum
Seigneur, fais-les entrer dans les jardins d'éternité que Tu leur as promis.
Le texte ne dit pas que les humains peuvent formuler ce du'ā' à la troisième personne pour d'autres en se substituant aux malāʾika. Il rapporte ce que disent les malāʾika. La structure de la formule est celle d'une intercession — non d'un modèle de du'ā' personnel.


Sourate 66:11 · Al-Taḥrīm — Du'ā' de la femme de Pharaon
Le texte présente cette femme comme modèle — ḍaraba llāhu mathalan li-lladhīna āmanū mraʾata firʿawn (66:11a). Ce qui est modèle est son orientation intérieure vers Allaah dans l'adversité extrême — non la demande de délivrance d'un oppresseur nommé dans un contexte de mort imminente, qui est par nature unique et non reproductible.
رَبِّ ابْنِ لِي عِندَكَ بَيْتًا فِي الْجَنَّةِ وَنَجِّنِي مِن فِرْعَوْنَ وَعَمَلِهِ وَنَجِّنِي مِنَ الْقَوْمِ الظَّالِمِينَ
Rabbi bni lī 3indaka baytan fī l-janna
Seigneur, bâtis-moi auprès de Toi une demeure dans le jardin,
wa-najjinī min fir3awna wa-3amalih
et délivre-moi de Pharaon et de ses actes,
wa-najjinī mina l-qawmi ẓ-ẓālimīn
et délivre-moi du peuple des injustes.
Najjinī min fir3awna est une demande de délivrance d'un oppresseur nommé dans un contexte historique documenté et unique. La demande d'une demeure dans le jardin (Rabbi bni lī 3indaka baytan fī l-janna) porte une aspiration plus large — mais le texte la formule dans ce contexte indissociable.


Sourate 2:127–128 · Al-Ijāba — Ibrāhīm et Ismā3īl lors de la construction
Ce du'ā' contient une demande non reproductible — wa-arinā manāsikanā : montre-nous nos rites. C'est une demande de révélation directe des pratiques rituelles dans le contexte de la construction du Bayt. Aucun être humain non nabī ne peut formuler une demande de révélation rituelle directe.
رَبَّنَا تَقَبَّلْ مِنَّا إِنَّكَ أَنتَ السَّمِيعُ الْعَلِيمُ ۝ رَبَّنَا وَاجْعَلْنَا مُسْلِمَيْنِ لَكَ وَمِن ذُرِّيَّتِنَا أُمَّةً مُّسْلِمَةً لَّكَ وَأَرِنَا مَنَاسِكَنَا وَتُبْ عَلَيْنَا إِنَّكَ أَنتَ التَّوَّابُ الرَّحِيمُ
Rabbanā taqabbal minnā innaka anta s-samī3u l-3alīm
Seigneur, accepte de nous — Tu es l'Entendant, le Connaisseur.
Rabbanā wa-j3alnā muslimayni lak
Seigneur, fais de nous deux des soumis à Toi,
wa-min dhurriyyatinā ummatan muslimatan lak
et de notre descendance une communauté soumise à Toi,
wa-arinā manāsikanā wa-tub 3alaynā
et montre-nous nos rites — et reviens vers nous :
innaka anta t-tawwābu r-raḥīm
Tu es l'Infiniment Clément dans le retour, le Miséricordieux.
Wa-arinā manāsikanā est une demande de révélation directe des rites — réservée au contexte prophétique de la construction du Bayt. Le texte lie cette demande à cet acte fondateur unique.


Sourate 14:37 · Ibrāhīm — Ibrāhīm pour l'établissement de Makkah
Cette demande est liée à l'acte fondateur de l'établissement d'une partie de la descendance d'Ibrāhīm auprès du Bayt al-Ḥarām — contexte prophétique unique. Fa-j3al afʾidatan mina n-nāsi tahwī ilayhim — fais que les cœurs des gens s'inclinent vers eux — est une demande d'attraction des peuples vers un lieu sacré, non reproductible en dehors de ce mandat.
رَّبَّنَا إِنِّي أَسْكَنتُ مِن ذُرِّيَّتِي بِوَادٍ غَيْرِ ذِي زَرْعٍ عِندَ بَيْتِكَ الْمُحَرَّمِ رَبَّنَا لِيُقِيمُوا الصَّلَاةَ فَاجْعَلْ أَفْئِدَةً مِّنَ النَّاسِ تَهْوِي إِلَيْهِمْ وَارْزُقْهُم مِّنَ الثَّمَرَاتِ لَعَلَّهُمْ يَشْكُرُونَ
Rabbanā innī askantu min dhurriyyatī bi-wādin ghayri dhī zar3in 3inda baytika l-muḥarram
Seigneur, j'ai établi une part de ma descendance dans une vallée sans culture, auprès de Ta maison sacrée
Rabbanā liyuqīmū ṣ-ṣalāt
Seigneur, afin qu'ils établissent la ṣalāt.
fa-j3al afʾidatan mina n-nāsi tahwī ilayhim
Fais donc que des cœurs parmi les humains soient attirés vers eux,
wa-rzuqhum mina th-thamarāt la3allahum yashkurūn
et pourvois-les en fruits, peut-être seront-ils reconnaissants.


Sourate 19:4–6 · Maryam — Zakariyyā : la forme développée
Cette formule, la plus développée des trois du'ā' de Zakariyyā pour une descendance (cf. 3:38 et 21:89 conservées dans l'inventaire général), contient une demande spécifique — yarithunī wa-yarithu min āli ya3qūb : un héritier qui succède à la lignée prophétique de Yaʿqūb. Cette dimension de succession prophétique est non transposable. Les deux autres formules (3:38 et 21:89) demeurent dans l'inventaire général.
رَبِّ إِنِّي وَهَنَ الْعَظْمُ مِنِّي وَاشْتَعَلَ الرَّأْسُ شَيْبًا وَلَمْ أَكُن بِدُعَائِكَ رَبِّ شَقِيًّا ۝ وَإِنِّي خِفْتُ الْمَوَالِيَ مِن وَرَائِي وَكَانَتِ امْرَأَتِي عَاقِرًا فَهَبْ لِي مِن لَّدُنكَ وَلِيًّا ۝ يَرِثُنِي وَيَرِثُ مِنْ آلِ يَعْقُوبَ وَاجْعَلْهُ رَبِّ رَضِيًّا
Rabbi innī wahana l-3aẓmu minnī wa-shta3ala r-raʾsu shaybā
Seigneur, mes os se sont affaiblis et ma tête s'est embrasée de blancheur
wa-lam akun bi-du3āʾika rabbi shaqiyyan
et je n'ai jamais été dans le malheur dans mon adresse à Toi, Seigneur.
wa-innī khiftu l-mawāliya min warāʾī wa-kānati mraʾatī 3āqiran
Je redoute ceux qui me succéderont — et mon épouse est stérile
fa-hab lī min ladunka waliyyā yarithunī wa-yarithu min āli ya3qūb
accorde-moi donc de Ta part un héritier qui me succède et succède à la lignée de Yaʿqūb,
wa-j3alhu rabbi raḍiyyan
et fais-en quelqu'un qui répond à ce qui T'agrée, Seigneur.


Sourate 37:100 · Al-Ṣāffāt — Ibrāhīm
Cette formule de cinq mots est immédiatement suivie dans le texte de l'annonce d'Ismāʿīl (37:101) — réponse miraculeuse directe. Elle est liée à un contexte de miracle prophétique documenté par le texte lui-même, qui l'ancre dans une situation non transposable.
رَبِّ هَبْ لِي مِنَ الصَّالِحِينَ
Rabbi hab lī mina ṣ-ṣāliḥīn
Seigneur, accorde-moi quelqu'un d'entre les hommes de bien.
La formule en elle-même ne contient rien d'exclusivement prophétique. C'est son encadrement textuel immédiat — la réponse miraculeuse de 37:101 — qui l'ancre dans un contexte non transposable. Le texte rapporte cette demande et sa réponse comme un fait prophétique unique, non comme un modèle de du'ā'.


Sourate 7:89 · Al-Aʿrāf — Shu3ayb
Ftaḥ baynanā wa-bayna qawminā bi-l-ḥaqq est une demande de jugement/tranchée entre un nabī et son peuple — structure propre à une mission prophétique confrontée à un rejet documenté par le récit. Le contexte de 7:85–88 établit la situation : Shu3ayb face à son peuple qui le menace d'expulsion. Ce type de demande est irréductible à une situation ordinaire.
رَبَّنَا افْتَحْ بَيْنَنَا وَبَيْنَ قَوْمِنَا بِالْحَقِّ وَأَنتَ خَيْرُ الْفَاتِحِينَ
Rabbanā ftaḥ baynanā wa-bayna qawminā bi-l-ḥaqq
Seigneur, tranche entre nous et notre peuple selon la vérité
wa-anta khayru l-fātiḥīn
Tu es le meilleur de ceux qui tranchent.
Al-fatḥ dans le registre du jugement — Ibn Fāris (Maqāyīs al-Lugha) : izālat al-ishkāl — lever ce qui obstrue, ouvrir l'issue bloquée. Ce n'est pas une demande de victoire militaire : c'est une demande de jugement qui tranche entre deux parties en conflit irréductible.


Sourate 20:27–28 · Ṭāhā — Partie déplacée du du'ā' de Mūsā
Les versets 20:25–26 (Rabbi shraḥ lī ṣadrī / wa-yassir lī amrī) demeurent dans l'inventaire général — ils expriment une aspiration universelle à l'ouverture intérieure et à la facilitation. Les versets 20:27–28 figurent ici séparément car ils sont liés à la condition personnelle de Mūsā — l'obstruction de sa langue — dans le contexte précis de sa mission vers Pharaon (20:24 : idhhab ilā fir3awn). Cette demande est ancrée dans une situation physique individuelle et un mandat prophétique non généralisables.
وَاحْلُلْ عُقْدَةً مِّن لِّسَانِي ۝ يَفْقَهُوا قَوْلِي
Wa-ḥlul 3uqdata min lisānī
délie le nœud de ma langue
yafqahū qawlī
qu'ils comprennent ma parole.
Le texte situe explicitement cette demande dans la mission vers Pharaon. Elle est inséparable de ce mandat. La demande d'être compris dans l'accomplissement d'une mission prophétique spécifique n'est pas transposable en dehors de ce contexte.


Sourate 26:83–87 · Al-Shuʿarāʾ — Du'ā' d'Ibrāhīm
Cette formule contient deux éléments non transposables. Wa-j3al lī lisāna ṣidqin fī l-ākhirīn — être mentionné avec vérité parmi les générations à venir — est une demande d'inscription mémorielle prophétique dans l'histoire des peuples. Wa-ghfir li-abī — le texte traite explicitement en 9:114 du cas d'Ibrāhīm et de son père, le nommant comme situation particulière et close. Ces deux éléments ancrent ce du'ā' dans un contexte irréductible à un modèle général.
رَبِّ هَبْ لِي حُكْمًا وَأَلْحِقْنِي بِالصَّالِحِينَ ۝ وَاجْعَل لِّي لِسَانَ صِدْقٍ فِي الْآخِرِينَ ۝ وَاجْعَلْنِي مِن وَرَثَةِ جَنَّةِ النَّعِيمِ ۝ وَاغْفِرْ لِأَبِي إِنَّهُ كَانَ مِنَ الضَّالِّينَ ۝ وَلَا تُخْزِنِي يَوْمَ يُبْعَثُونَ
Rabbi hab lī ḥukmān wa-alḥiqnī bi-ṣ-ṣāliḥīn
Seigneur, accorde-moi la sagesse et fais-moi rejoindre les hommes de bien,
wa-j3al lī lisāna ṣidqin fī l-ākhirīn
et fais que je sois mentionné avec vérité parmi les générations à venir,
wa-j3alnī min warathati jannati n-naʿīm
et fais de moi l'un des héritiers du jardin de la félicité.
wa-ghfir li-abī innahu kāna mina ḍ-ḍāllīn
Et pardonne à mon père — il était du nombre des égarés,
wa-lā tukhzinī yawma yubʿathūn
et ne me couvre pas de honte le Jour où ils seront ressuscités.


Sourate 23:93–94 · Al-Muʾminūn — Formule adressée au nabī par le texte
Le texte introduit cette formule par qul — dis — instruction explicitement adressée au nabī. Elle est de surcroît conditionnelle à un événement lié à sa mission : immā turiyannī mā yūʿadūn — si Tu me montres ce qui leur est promis. Ces deux caractéristiques — l'adresse au nabī par qul et la condition prophétique — la rendent non transposable.
قُل رَّبِّ إِمَّا تُرِيَنِّي مَا يُوعَدُونَ ۝ رَبِّ فَلَا تَجْعَلْنِي فِي الْقَوْمِ الظَّالِمِينَ
Rabbi immā turiyannī mā yū3adūn
Seigneur, si Tu me montres ce qui leur est promis
Rabbi fa-lā taj3alnī fī l-qawmi ẓ-ẓālimīn
Seigneur, alors ne me place pas au nombre du peuple des injustes.
La formule ne présuppose pas que l'événement aura lieu — elle est conditionnelle. Mais la condition elle-même — voir ce qui est promis aux adversaires du nabī — est propre au mandat prophétique et non transposable en dehors de lui.
Thème 13
Demandes d'Iblīs
et doléances des perdants
مَطَالِبُ إِبْلِيسَ وَشَكَاوَى الْخَاسِرِينَ

Note liminaire
Ce registre est d'une nature radicalement différente de tout ce qui précède. Ces demandes ne sont pas des modèles.
Elles sont rapportées pour ce qu'elles révèlent : la nature de ceux qui les formulent, les conditions dans lesquelles elles surviennent, et la réponse — ou le silence — qui leur est adressé.
Deux registres distincts y figurent :
  1. Les demandes d'Iblīs — formulées avant toute chose, hors du temps eschatologique. Iblīs demande. Allaah répond. L'échange est réel.
  1. Les doléances des perdants — formulées au moment de la mort ou dans l'au-delà. Ce sont des demandes de retour, de sortie, de fin. Elles arrivent quand le temps des demandes est révolu.
Les demandes d'Iblīs
Note fondamentale
À aucun moment dans le Coran Iblīs ne demande le pardon. Ses demandes sont exclusivement instrumentales : obtenir un délai pour mener à terme son projet. L'orgueil qui l'a conduit à refuser la première fois — textuellement attesté en 7:12, 15:33, 17:61, 18:50, 20:116, 38:76 — n'est jamais renié, jamais regretté, jamais mis en question par lui-même. Il n'y a chez Iblīs aucun retour, aucune demande de grâce, aucune reconnaissance d'avoir eu tort. Seulement l'obstination dans son orientation et la demande du temps nécessaire pour la poursuivre. Son orgueil est premier, permanent et définitif.

Sourate 7:14–15
قَالَ أَنظِرْنِي إِلَىٰ يَوْمِ يُبْعَثُونَ ۝ قَالَ إِنَّكَ مِنَ الْمَنظَرِينَ
Anẓirnī ilā yawmi yub3athūn
Accorde-moi le délai jusqu'au Jour où ils seront ressuscités.
Réponse d'Allaah :
Innaka mina l-munẓarīn — Tu es du nombre de ceux qui ont reçu le délai.

Dit / non-dit : La réponse en 7:15 ne précise pas de limite temporelle au délai accordé. Le texte ne dit pas pourquoi ce délai est accordé.

Sourates 15:36–38 et 38:79–81 — même demande, réponse avec précision
رَبِّ فَأَنظِرْنِي إِلَىٰ يَوْمِ يُبْعَثُونَ ۝ قَالَ فَإِنَّكَ مِنَ الْمَنظَرِينَ ۝ إِلَىٰ يَوْمِ الْوَقْتِ الْمَعْلُومِ
Rabbi fa-anẓirnī ilā yawmi yub3athūn
Seigneur, accorde-moi le délai jusqu'au Jour où ils seront ressuscités.
(Réponse d'Allaah: )
Fa-innaka mina l-munẓarīna ilā yawmi l-waqti l-ma3lūm
Tu es du nombre de ceux qui ont reçu le délai — jusqu'au jour du temps connu.

Dit / non-dit : En 15 et en 38, la réponse ajoute "ilā yawmi l-waqti l-ma3lūm" — jusqu'au jour du temps connu — précision absente de 7:15. Le texte ne dit pas si ces occurrences désignent le même échange ou des moments distincts. La variation dans la formulation de la réponse est un fait textuel à nommer comme tel. Le texte ne dit pas ce qu'est ce "jour du temps connu" par rapport au "Jour de la résurrection".
Note sur 17:62 — Déclaration, non du'ā'
En 17:62, Iblīs formule une menace conditionnelle : la-in akhkhartani ilā yawmi l-qiyāmati la-aḥtanikanna dhurriyyatahu illā qalīlan — si Tu me reportes jusqu'au Jour de la résurrection, j'aurai certainement la maîtrise de sa descendance — sauf un petit nombre.
Il ne demande pas : il déclare. Le texte ne rapporte pas de réponse d'Allaah à cette déclaration dans ce contexte. À situer comme déclaration d'intention, non comme du'ā'.
Doléances des perdants
Ces demandes surviennent à l'approche de la mort ou dans l'au-delà. Leur trait commun : elles arrivent quand le temps des demandes est révolu. Le texte les rapporte sans complaisance — et les réponses qui leur sont adressées, quand elles sont explicites, relèvent de l'énoncé d'une cause, non d'une négociation.

Sourate 23:99–100 — À l'approche de la mort
Ce passage suit immédiatement 23:97–98 figurant dans l'inventaire (section Protection). Le contraste est textuel et délibéré — le du'ā' du croyant appelle la protection contre la présence des shayāṭīn ; le verset suivant rapporte le cri de celui pour qui le temps est révolu.
حَتَّىٰ إِذَا جَاءَ أَحَدَهُمُ الْمَوْتُ قَالَ رَبِّ ارْجِعُونِ ۝ لَعَلِّي أَعْمَلُ صَالِحًا فِيمَا تَرَكْتُ ۚ كَلَّا ۚ إِنَّهَا كَلِمَةٌ هُوَ قَائِلُهَا
ḥattā idhā jā3a aḥadahumu l-mawtu qāla rabbi rji3ūn
Jusqu'à ce que l'un d'eux soit rejoint par la mort — il dit :
« Seigneur, renvoie-moi,
la3allī a3malu ṣāliḥan fī mā taraktu
peut-être agirai-je de manière juste dans ce que j'ai laissé. »
(Refus : كَلَّا )
Kallā.
Non.
innaha kalimatun huwa qā3iluhā wa-min warāʾ ihim barzakhun ilā yawmi yub3athūn
C'est une parole qu'il dit — et devant eux un barzakh jusqu'au Jour où ils seront ressuscités.

Dit / non-dit : Le texte ne dit pas à qui est adressé le "Kallā" — à la demande elle-même, à celui qui la formule, ou aux deux. Il ne développe pas : il pose le refus avec une sécheresse absolue et décrit immédiatement ce qui vient après.

Sourate 7:38 — Groupes se blâmant mutuellement dans le feu
رَبَّنَا هَٰؤُلَاءِ أَضَلُّونَا فَآتِهِمْ عَذَابًا ضِعْفًا مِّنَ النَّارِ
Rabbanā hāʾulāʾ i aḍallūnā fa-ātihim 3adhāban ḍi3fan mina n-nār
Seigneur, ceux-ci nous ont égarés — inflige-leur un double tourment du feu.
Réponse (7:38b–39) : Li-kullin ḍi3f wa-lākin lā taʿlamūn — Pour chacun le double — mais vous ne savez pas.

Dit / non-dit : La réponse retourne la demande : ce qu'ils souhaitent pour les autres leur est appliqué à eux-mêmes. Le texte ne dit pas que la demande est rejetée — il dit que le double est pour tous sans exception.

Sourate 32:12 — Les criminels demandant à être renvoyés
رَبَّنَا أَبْصَرْنَا وَسَمِعْنَا فَارْجِعْنَا نَعْمَلْ صَالِحًا إِنَّا مُوقِنُونَ
Rabbanā abṣarnā wa-sami3nā fa-rji3nā na3mal ṣāliḥan
innā mūqinūn
Seigneur, nous avons vu et nous avons entendu — renvoie-nous, nous agirons de manière juste :
nous sommes maintenant dans la certitude.
(Réponse (32:14) : )
fa-dhūqū bi-mā nasītum liqāʾa yawmikum hādhā
Goûtez donc — pour avoir oublié la rencontre de ce jour.

Dit / non-dit : Le texte ne formule pas de "non" direct. Il répond à la demande de retour par l'énoncé de la cause de ce qui se passe — l'oubli de la rencontre. Le retour n'est pas déclaré impossible : il n'est pas accordé, et la réponse passe directement à la conséquence.

Sourate 35:37 — Les perdants criant dans le feu
وَهُمْ يَصْطَرِخُونَ فِيهَا رَبَّنَا أَخْرِجْنَا نَعْمَلْ صَالِحًا غَيْرَ الَّذِي كُنَّا نَعْمَلُ
wa-hum yaṣṭarikhūna fīhā
Et ils poussent des cris dans le feu :
Rabbanā akhrijnā naʿmal ṣāliḥan ghayra lladhī kunnā naʿmal
Seigneur, fais-nous sortir — nous agirons de manière juste, autrement que ce que nous faisions.
(Réponse (35:37b) :)
awa-lam nuʿammirkum mā yatadhakkaru fīhi man tadhakkara
wa-jāʾakum n-nadhīr
Ne vous avons-Nous pas accordé une durée de vie suffisante pour que celui qui voulait se souvenir se souvienne ?
Et l'avertisseur vous est venu.

fa-dhūqū fa-mā li-ẓ-ẓālimīna min naṣīr
Goûtez donc — les injustes n'ont aucun secoureur.

Dit / non-dit : Le refus est ici argumenté — la durée de vie accordée était suffisante ; l'avertisseur est venu. Le texte ne dit pas que le retour est impossible par nature : il dit que les conditions ont été données et n'ont pas été saisies. La différence est textuelle et significative.

Sourate 40:11–12 — Reconnaissance des deux morts et deux vies
رَبَّنَا أَمَتَّنَا اثْنَتَيْنِ وَأَحْيَيْتَنَا اثْنَتَيْنِ فَاعْتَرَفْنَا بِذُنُوبِنَا فَهَلْ إِلَىٰ خُرُوجٍ مِّن سَبِيلٍ
Rabbanā amattanā ithnatayni wa-aḥyaytanā ithnatayni
Seigneur, Tu nous as fait mourir deux fois et Tu nous as fait vivre deux fois
fa-ʿtarafnā bi-dhunūbinā fa-hal ilā khurūjin min sabīl
nous reconnaissons nos fautes : y a-t-il une voie pour sortir ?
(Réponse (40:12) :)
dhālikum bi-annahu idhā duʿiya llāhu waḥdahu kafartum
wa-in yushrak bihi tuʾminū
Cela, parce que quand Allaah seul était invoqué, vous refusiez
et quand on lui associait d'autres, vous croyiez.

fa-l-ḥukmu li-llāhi l-ʿaliyyi l-kabīr
Le jugement appartient à Allaah, al-ʿAliyy, al-Kabīr.

Dit / non-dit : Le texte ne répond pas à la question "y a-t-il une voie pour sortir ?" — il répond en énonçant la cause de ce qui se passe. Le silence sur la question elle-même est le refus. Cette entrée contient par ailleurs l'attestation coranique explicite de deux morts et deux vies — fait textuel indépendant de la doléance.
Sourate 43:77 — S'adressant à Mālik
وَنَادَوْا يَا مَالِكُ لِيَقْضِ عَلَيْنَا رَبُّكَ ۖ قَالَ إِنَّكُم مَّاكِثُونَ
Yā Mālik liyaqḍi 3alaynā rabbuk
Ô Mālik, que ton Seigneur en finisse avec nous.
(Réponse de Mālik :)
Innakum māKithūn
Vous demeurerez.

Note textuelle :
Cette demande est adressée à Mālik — le gardien du feu, désigné par ce nom en 43:77. Elle n'est pas adressée directement à Allaah. La réponse de Mālik est immédiate et sans développement.
Dit / non-dit : Le texte ne dit pas ce qu'est Mālik ni quelle est sa nature exacte. Il ne dit pas si Mālik transmet la demande ou répond en son propre nom. La réponse tient en deux mots : vous demeurerez.


En marge — deux formulations sans statut de du'ā' direct
Ces deux textes ne sont pas des du'ā' au sens strict de l'inventaire : l'un est une double question sans adresse directe à Allaah ; l'autre est un vœu sans interlocuteur. Ils figurent ici pour la complétude du tableau — ils expriment la même aspiration que 23:99, 32:12 et 35:37, mais dans une forme différente.


Sourate 7:53 · Al-Aʿrāf — Double demande sans réponse verbale directe
Contexte :
Ceux qui avaient oublié la rencontre de ce Jour reconnaissent que les messagers de leur Seigneur avaient apporté la vérité,
et formulent alors :
فَهَل لَّنَا مِن شُفَعَاءَ فَيَشْفَعُوا لَنَا
أَوْ نُرَدُّ فَنَعْمَلَ غَيْرَ الَّذِي كُنَّا نَعْمَلُ
Fa-hal lanā min shufa'āʾa fayashfaʿū lanā
Y a-t-il pour nous des intercesseurs qui intercèdent en notre faveur ?
aw nuraddu fa-naʿmala ghayra lladhī kunnā naʿmal
Ou pourrions-nous être renvoyés pour agir autrement que ce que nous faisions ?

Le texte ne rapporte pas de réponse verbale directe à ces deux questions.

La réponse est constituée par ce qu'Allaah a déjà dit en 7:51, avant que la scène ne soit décrite :
Alladhīna ttakhadhū dīnahum lahwan wa-la3iban
Ceux qui ont fait de leur dīn un divertissement et un jeu,
wa-gharrathumu l-ḥayātu d-dunyā
et que la vie immédiate a abusés
fa-l-yawma nansāhum kamā nasū liqāʾa yawmihim hādhā
ce jour-là Nous les mettons de côté comme ils ont mis de côté la rencontre de ce jour.
Dit / non-dit : Le texte structure la scène de façon à ce que la réponse précède la demande : ce que ces êtres humains formulent en 7:53 est déjà répondu en 7:51 avant qu'ils ouvrent la bouche. La demande arrive dans un espace où la réponse est déjà posée.

Sourate 6:27 · Al-Anʿām — Vœu sans interlocuteur, suivi d'un démenti
وَلَوْ تَرَىٰ إِذْ وُقِفُوا عَلَى النَّارِ فَقَالُوا يَا لَيْتَنَا نُرَدُّ وَلَا نُكَذِّبَ بِآيَاتِ رَبِّنَا وَنَكُونَ مِنَ الْمُؤْمِنِينَ
Wa-law tarā idh wuqifū 3alā n-nār
Si tu pouvais voir quand ils seront arrêtés face au feu
fa-qālū yā laytanā nuraddu
ils diront : Si seulement nous pouvions être renvoyés
wa-lā nukadhdhibu bi-āyāti rabbinā
wa-nakūna mina l-muʾminīn
et ne pas démentir les signes de notre Seigneur,
et être du nombre des croyants.

Yā layta : formule du vœu en arabe — non une adresse, non une demande formulée vers un interlocuteur. C'est l'expression d'un regret projeté vers l'impossible. Le texte ne laisse pas ce vœu sans réponse. Le verset suivant (6:28) le démonte immédiatement :
S 6:28
بَلْ بَدَا لَهُم مَّا كَانُوا يُخْفُونَ مِن قَبْلُ ۖ وَلَوْ رُدُّوا لَعَادُوا لِمَا نُهُوا عَنْهُ ۖ وَإِنَّهُمْ لَكَاذِبُونَ
Bal badā lahum mā kānū yukhfūna min qabl
Bien au contraire, ce qu'ils dissimulaient auparavant leur est apparu clairement.
Wa-law ruddū laʿādū limā nuhū 3anh
Et s'ils étaient renvoyés, ils reviendraient à ce dont on les avait défendus
wa-innahum la-kādhibūn
ils sont en effet dans le mensonge.

Dit / non-dit : Le texte ne dit pas que le retour est impossible par nature. Il dit quelque chose de plus précis : que si le retour était accordé, le comportement reprendrait. Le vœu lui-même est déclaré mensonger — non parce que ces êtres humains mentent consciemment, mais parce que ce qu'ils pensent vouloir ne correspond pas à ce qu'ils feraient. Le texte voit à l'intérieur de la déclaration ce que ses locuteurs ne voient pas.
Thème 14
Sécurité des lieux et des communautés
أَمَانُ الْبَلَدِ وَالْجَمَاعَةِ
2 entrées

Demandes d'Ibrāhīm portant sur la sécurité d'une cité et la protection d'une communauté contre le shirk. Ces deux du'ā' sont à lire ensemble : ils constituent deux moments distincts de la même préoccupation, formulés différemment.


Sourate 2:126 · Al-Ijāba — Ibrāhīm
رَبِّ اجْعَلْ هَٰذَا بَلَدًا آمِنًا وَارْزُقْ أَهْلَهُ مِنَ الثَّمَرَاتِ مَنْ آمَنَ مِنْهُم بِاللَّهِ وَالْيَوْمِ الْآخِرِ
Rabbi ja3al hādhā baladan āminan
Seigneur, fais de ceci une cité sûre,
wa-rzuq ahlahu mina th-thamarāt man āmana minhum bi-llāhi wa-l-yawmi l-ākhir
et pourvois ses habitants en fruits — ceux d'entre eux qui croient en Allaah et au Jour dernier.
Dit / non-dit : Le texte rapporte ensuite la réponse d'Allaah (2:126b) qui étend la provision même à ceux qui ne croient pas — provisoirement. La demande d'Ibrāhīm est conditionnée à la foi ; la réponse d'Allaah ne l'est pas. Cette tension est textuelle et non résolue par le texte lui-même.

Sourate 14:35 · Ibrāhīm — Ibrāhīm
رَبِّ اجْعَلْ هَٰذَا الْبَلَدَ آمِنًا وَاجْنُبْنِي وَبَنِيَّ أَن نَّعْبُدَ الْأَصْنَامَ
Rabbi ja3al hādhā l-balada āminan
Seigneur, fais de cette cité un lieu sûr,
wa-jnubnī wa-baniyya an na3budu l-aṣnām
et tiens-moi éloigné, ainsi que mes fils, d'adorer les idoles.

Note textuelle : Parallèle de 2:126 avec deux différences : l'article défini (hādhā l-balada — cette cité désormais nommée, vs. hādhā baladan — faire d'un lieu une cité) ; et l'ajout d'une demande personnelle de protection contre le shirk, absente de 2:126.
Thème 15
Délivrance
النَّجَاةُ
2 entrées

Demandes directes de délivrance — pour soi ou pour les siens — d'une situation de danger ou d'oppression concrète.


Sourate 26:169 · Al-Shu3arāʾ — Lūṭ

رَبِّ نَجِّنِي وَأَهْلِي مِمَّا يَعْمَلُونَ
Rabbi najjinī wa-ahlī mimmā ya3malūn
Seigneur, délivre-moi et les miens de ce qu'ils font.


Sourate 28:21 · Al-Qaṣaṣ — exfiltration de Mūsā et de son peuple
رَبِّ نَجِّنِي مِنَ الْقَوْمِ الظَّالِمِينَ
Rabbi najjinī mina l-qawmi ẓ-ẓālimīn
Seigneur, délivre-moi du peuple des injustes.

Note textuelle : Les deux formules emploient le même verbe — najjī, racine n-j-w : être préservé, échapper. Lūṭ demande pour lui-même et pour les siens ; Mūsā demande pour lui seul, dans un contexte d'exfiltration avec son peuple. Deux situations distinctes, une même orientation.
Synthèse de l'inventaire
Le Coran contient au moins 46 formulations transposables de demandes adressées à Allaah à la première personne, couvrant 11 registres thématiques. À cela s'ajoutent 14 entrées propres aux nabī ou à des contextes non reproductibles, regroupées séparément. Une section distincte rapporte les demandes d'Iblīs et les doléances des perdants dans l'au-delà — d'une nature radicalement différente. Deux sections supplémentaires (Sécurité des lieux · Délivrance) complètent l'inventaire pour 15 sections au total. Tous ces versets sont du texte coranique à part entière. La récitation des entrées transposables dans la ṣalāt relève de la prescription de 73:20 (mā tayassara mina l-Qurʾān).
Guidance · Pardon · Miséricorde
Thèmes 01, 02, 03 — Les demandes fondamentales de l'être en chemin : être guidé, être pardonné, être enveloppé de miséricorde. Ces trois registres concentrent à eux seuls 23 entrées — le cœur de l'inventaire.
Bien ici-bas et dans l'au-delà · Connaissance · Famille
Thèmes 04, 05, 06 — Les demandes portant sur la qualité de l'existence présente et future, l'accroissement en connaissance, et la droiture des proches et des générations à venir. 10 entrées.
Patience · Mission · Protection · Gratitude · Lumière
Thèmes 07 à 11 — Les demandes de fermeté dans l'épreuve, d'ouverture intérieure, de protection contre ce qui nuit, de reconnaissance pour ce qui a été donné, et d'accomplissement de la lumière. 13 entrées.
Sécurité des lieux · Délivrance
Thèmes 14 et 15 — Deux registres distincts : la sécurité d'une cité et d'une communauté ;
et la demande de délivrance d'une situation d'oppression concrète. 4 entrées.

Ces versets attestent que le registre de la demande personnelle est pleinement présent dans le texte coranique lui-même — guidance, pardon, miséricorde, bien ici-bas et dans l'au-delà, connaissance, famille, patience, mission, protection, gratitude, lumière, sécurité, délivrance.

Les entrées propres aux nabī — Thème 12
Ces 14 entrées sont du texte coranique à part entière mais leur objet est lié à un mandat prophétique particulier, à un contexte historique unique, ou à des locuteurs non humains.
Les formules à référent concret requis — 3 entrées
Ces formules sont transposables sous condition stricte — leur prononciation présuppose un référent concret et vérifiable dans la situation du locuteur.
Les demandes d'Iblīs et les doléances des perdants — Thème 13
Ces textes ne sont pas des modèles. Ils sont rapportés pour ce qu'ils révèlent : la nature de ceux qui les formulent, les conditions dans lesquelles ils surviennent, et la réponse — ou le silence — qui leur est adressé. Iblīs demande un délai sans jamais chercher le pardon. Les perdants demandent un retour quand le temps des demandes est révolu.

Document annexe à : L'Espace Libre dans la Ṣalāt

Méthode dit / non-dit · Lecture lexicale intra-coranique exclusive